Barèmes et fiscalité

Un retraité français installé au Portugal paie en principe l'impôt portugais sur sa pension privée, au barème progressif de 12,5 % à 48 % en 2026. L'exonération puis le taux de 10 % du statut de résident non habituel sont fermés aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024.
Une pension de fonction publique française reste imposée en France, sauf si le retraité possède aussi la nationalité portugaise.
L'âge légal de la retraite portugaise, lui, est de 66 ans et 9 mois en 2026, et il passe à 66 ans et 11 mois en 2027.
Pour un retraité français, la retraite au Portugal désigne d'abord une question fiscale : savoir quel pays impose la pension une fois installé. La convention fiscale franco-portugaise de 1971, modifiée par l'avenant du 25 août 2016 (en vigueur depuis le 1er décembre 2017), répartit le droit d'imposer selon la nature de la pension.
| Nature de la pension | Qui l'impose | Texte |
|---|---|---|
| Retraite du régime général, Agirc-Arrco, régimes de non-salariés, retraite supplémentaire | Le Portugal seul, pays de résidence | Article 19 |
| Pension versée par l'État, une collectivité ou un établissement public au titre de services rendus (fonctionnaire, hospitalier, territorial) | La France seule, sauf si le retraité réside au Portugal et en possède la nationalité | Article 20, paragraphe 2 |
| Pension liée à une activité d'entreprise d'un État ou d'une collectivité | Règle des pensions privées : le Portugal | Article 20, paragraphe 3 |
Pour un retraité du privé, la pension n'est plus imposable en France dès que la résidence fiscale est au Portugal, et elle est imposée au Portugal avec les autres revenus mondiaux, en catégorie H de l'IRS.
Pour un ancien fonctionnaire, la pension reste imposée en France comme pour un non-résident, au taux minimum de 20 % ou 30 % selon la fraction de revenu, qui peut être ramené au taux moyen calculé sur les revenus mondiaux. Elle se déclare aussi au Portugal, où elle compte dans le calcul de l'impôt, avec un crédit pour l'impôt payé en France dans la limite de l'impôt portugais correspondant.
Le cas du double national. Depuis l'avenant de 2016, la pension publique passe à la seule imposition du Portugal lorsque le retraité y réside et en possède la nationalité, sans condition d'absence de la nationalité française. Un Franco-Portugais résidant au Portugal est donc imposé au Portugal sur sa pension publique française.
Les pensions de source étrangère sont des revenus de catégorie H. Elles s'additionnent aux autres revenus et sont taxées au barème progressif de l'article 68 du code de l'IRS, fixé pour 2026 par la loi n° 73-A/2025 (continent).
| Revenu imposable (€) | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 8 342 | 12,5 % |
| De 8 342 à 12 587 | 15,7 % |
| De 12 587 à 17 838 | 21,2 % |
| De 17 838 à 23 089 | 24,1 % |
| De 23 089 à 29 397 | 31,1 % |
| De 29 397 à 43 090 | 34,9 % |
| De 43 090 à 46 566 | 43,1 % |
| De 46 566 à 86 634 | 44,6 % |
| Au-delà de 86 634 | 48 % |
Exemple de calcul par tranches pour un revenu imposable de 20 000 € : 8 342 × 12,5 % = 1 042,75 € ; 4 245 × 15,7 % = 666,47 € ; 5 251 × 21,2 % = 1 113,21 € ; 2 162 × 24,1 % = 521,04 €. Total : 3 343,47 €, soit un taux moyen de 16,7 %.
Le revenu imposable est calculé après déductions, notamment la déduction propre aux pensions : son montant 2026 est n.c., de même que la contribution de solidarité qui s'ajoute aux hauts revenus. Le calcul ci-dessus donne l'ordre de grandeur, pas l'impôt final. Les pensions françaises de source privée doivent être déclarées dans l'annexe J de la déclaration portugaise, et le fisc portugais reçoit les informations des pays payeurs par échange automatique.
Le régime est fermé aux nouvelles demandes depuis le 1er janvier 2024, mais les inscrits le gardent jusqu'au terme de leurs dix ans. Une inscription de 2022 produit donc ses effets jusqu'au 31 décembre 2031.
| Date d'inscription | Traitement des pensions étrangères | Fin de l'avantage |
|---|---|---|
| Avant le 1er avril 2020 | Exonération | Dix ans après l'inscription |
| Après le 31 mars 2020 et jusqu'en 2023 | Taux forfaitaire de 10 % | Dix ans après l'inscription |
| Depuis le 1er janvier 2024 | Barème progressif, sans régime spécial | Sans objet |
Les conditions d'accès au dispositif transitoire de la loi du budget 2024 pour les personnes qui avaient engagé leur installation en 2023 sont n.c. : elles ne sont pas reprises ici faute d'avoir été relevées à la source.
Même pour un inscrit, la pension publique française reste imposée en France : le statut portugais ne change pas la répartition fixée par la convention.
Non. L'incitation fiscale à la recherche scientifique et à l'innovation (IFICI), créée à l'article 58-A du statut des avantages fiscaux, a remplacé le régime des résidents non habituels pour des activités qualifiées. Elle applique un taux de 20 % aux revenus d'activité (catégories A et B) pendant dix ans, et exonère en règle générale les revenus de source étrangère, à l'exception de la catégorie H, celle des pensions.
Il faut aussi ne pas avoir été résident fiscal au Portugal dans les cinq années précédentes, et ne jamais avoir bénéficié du régime des résidents non habituels. Un retraité qui n'exerce pas l'une des activités visées ne peut pas y prétendre. Pour une installation à partir de 2024, la retraite au Portugal n'a donc plus d'avantage fiscal propre.
L'âge normal de la retraite du régime général portugais est de 66 ans et 9 mois en 2026 (portaria n° 358/2024/1). Il passera à 66 ans et 11 mois en 2027 (portaria n° 476/2025/1 du 29 décembre 2025), car il suit l'espérance de vie à 65 ans.
Il faut au moins 15 ans de cotisations pour la retraite de vieillesse. Une retraite anticipée est possible, avec une réduction de 17,63 % du montant en 2026 au titre du facteur de durabilité, plus 0,5 % par mois d'anticipation. À partir de 60 ans et de 40 ans de cotisations, le facteur de durabilité ne s'applique plus, seule reste la réduction mensuelle ; avec 46 ans de cotisations, aucune des deux ne s'applique.
Un Français n'est pas concerné par cet âge pour sa retraite française : les droits acquis en France se liquident selon l'âge français, quel que soit le pays de résidence.
Le montant moyen des pensions de vieillesse du régime général portugais est de 698,85 € par mois en mars 2026, selon la Segurança Social. Les pensions existantes ont été revalorisées au 1er janvier 2026 de 2,80 % jusqu'à 2 fois l'IAS (1 074,26 €), de 2,27 % entre 2 et 6 IAS et de 2,02 % entre 6 et 12 IAS ; au-delà de 12 IAS, elles ne sont pas revalorisées (portaria n° 480-B/2025/1).
Un retraité français ne perçoit pas cette pension, sauf s'il a travaillé au Portugal et cotisé au moins 15 ans. Son revenu au Portugal est sa pension française, imposée comme décrit plus haut. Le coût de la vie et l'immobilier ne sont pas traités ici.
Elle couvre la répartition de l'impôt entre la France et le Portugal selon la nature de la pension, le barème portugais, les droits restants du régime des résidents non habituels, l'IFICI, l'âge légal et le niveau moyen des pensions portugaises.
Elle ne couvre pas le budget mensuel, l'immobilier, les démarches de résidence ni la couverture maladie, qui relève de la coordination européenne. Les prélèvements sociaux français sur une pension versée à un non-résident, la déduction portugaise propre aux pensions et le dispositif transitoire du régime de 2024 sont n.c. Le barème de la CSG applicable aux résidents est dans notre page sur la CSG des retraites en 2026 ; pour la revalorisation des pensions françaises, voir notre page sur la revalorisation des retraites en 2026.
L'impôt portugais sur le revenu, au barème progressif de 12,5 % à 48 % en 2026, sur sa pension du privé. Sa pension de fonction publique française reste imposée en France, sauf double nationalité franco-portugaise avec résidence au Portugal.
Pour une installation à partir de 2024, non : l'avantage propre aux pensions a disparu avec la fermeture du régime des résidents non habituels. Pour les inscrits d'avant cette date, il reste acquis jusqu'au terme de leurs dix ans.
Pour ceux qui y sont entrés, oui : il est fermé aux nouvelles demandes depuis le 1er janvier 2024. Une inscription de 2022 produit encore ses effets jusqu'au 31 décembre 2031.
Deux périodes : exonération des pensions étrangères pour les inscriptions antérieures au 1er avril 2020, puis taux forfaitaire de 10 % pour celles qui ont suivi, sur dix ans.
Les pensions privées et celles de la sécurité sociale ne sont imposables qu'au Portugal, pays de résidence (article 19 de la convention). Les pensions versées au titre de services publics restent imposables en France, sauf pour un retraité résidant au Portugal et de nationalité portugaise.
Pas sur sa pension publique, qui reste imposée en France comme celle d'un non-résident, au taux minimum de 20 % ou 30 %. L'intérêt éventuel porte sur ses autres revenus et sur le coût de la vie.
À 66 ans et 9 mois en 2026, 66 ans et 11 mois en 2027, avec au moins 15 ans de cotisations. Une retraite anticipée subit une réduction de 17,63 % en 2026, plus 0,5 % par mois d'anticipation, sauf carrières longues.
La pension moyenne de vieillesse du régime général est de 698,85 € par mois en mars 2026. Les pensions jusqu'à 1 074,26 € ont été revalorisées de 2,80 % au 1er janvier 2026.
Oui : un résident fiscal portugais déclare ses revenus mondiaux, dont les pensions françaises, dans l'annexe J de sa déclaration. Une pension exonérée en France reste à déclarer au Portugal, où elle est imposée.