Assurance-vie

Le PEA et l'assurance-vie sont des enveloppes fiscales : des contenants qui abritent vos placements et décident de ce que l'État prélève quand vous sortez l'argent. La question n'est donc jamais « lequel rapporte le plus », puisque aucun des deux ne rapporte rien par lui-même, mais « lequel prélève le moins ».
À cette question il existe une réponse chiffrée, et elle bascule à un montant précis. En dessous de 5 656 € de gains retirés dans l'année, l'assurance-vie coûte moins cher. Au-dessus, le PEA. Pour un couple, la bascule est à 11 311 €.
Voici d'où vient ce nombre, les deux fiscalités face à face avec les taux de 2026, l'écart de 1,4 point que personne n'a répercuté, ce que chacun accepte comme placements, et le seul terrain où la comparaison ne se discute pas : la succession.
Le plan d'épargne en actions est un produit d'épargne réglementé destiné à investir dans des actions d'entreprises européennes. Il faut être majeur et fiscalement domicilié en France pour en ouvrir un. L'État y échange une contrainte contre un avantage : vous acceptez de n'y loger que des titres européens et de ne pas y toucher pendant cinq ans, et en échange les gains échappent à l'impôt sur le revenu.
L'assurance-vie est un contrat d'assurance, pas un compte de placement. C'est ce statut juridique qui explique toutes ses particularités : elle accepte à peu près n'importe quel support, elle n'a pas de plafond légal de versement, et surtout elle transmet à des bénéficiaires désignés, en dehors des règles ordinaires de la succession.
La différence de nature commande tout le reste. L'un est un compte-titres avec un avantage fiscal, l'autre est un contrat avec un bénéficiaire. Comparer leur rendement n'a aucun sens, comparer leur prélèvement et leur transmission en a beaucoup.
La question « lequel choisir » est mal posée dans la majorité des cas. Rien n'interdit d'avoir les deux, et c'est même la configuration la plus courante : un PEA pour la part en actions européennes, une assurance-vie pour le reste et pour la transmission. Les deux enveloppes ne se disputent ni plafond ni antériorité.
Le calcul repose sur une asymétrie simple. Le PEA de plus de cinq ans est exonéré d'impôt sur le revenu mais paie les prélèvements sociaux au taux plein. L'assurance-vie de plus de huit ans paie un impôt, mais seulement au-delà d'un abattement annuel, et ses prélèvements sociaux sont plus bas.
Traduit en formules, pour un gain G retiré dans l'année :
| Enveloppe | Ce qui est dû |
|---|---|
| PEA de plus de 5 ans | G × 18,6 % |
| Assurance-vie de plus de 8 ans, personne seule | (G moins 4 600 €) × 7,5 % plus G × 17,2 % |
Les deux courbes se croisent quand ces deux quantités s'égalisent, soit à 5 656 € pour une personne seule. Vérification à ce montant :
| Assurance-vie | PEA | |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | (5 656 moins 4 600) × 7,5 % = 79 € | 0 € |
| Prélèvements sociaux | 5 656 × 17,2 % = 973 € | 5 656 × 18,6 % = 1 052 € |
| Total | 1 052 € | 1 052 € |
Ce que ça donne de part et d'autre du seuil :
| Gains retirés dans l'année | Assurance-vie | PEA | Le moins cher |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | 344 € | 372 € | assurance-vie, 28 € de moins |
| 4 600 € | 791 € | 856 € | assurance-vie, 65 € de moins |
| 5 656 € | 1 052 € | 1 052 € | égalité |
| 10 000 € | 2 125 € | 1 860 € | PEA, 265 € de moins |
| 30 000 € | 7 065 € | 5 580 € | PEA, 1 485 € de moins |
Pour un couple soumis à imposition commune, l'abattement double et le seuil passe à 11 311 €.
La lecture pratique tient en une phrase : l'assurance-vie gagne sur les petits retraits réguliers, le PEA gagne sur les gros retraits. Un retraité qui pioche 400 € par mois dans son épargne a intérêt à l'assurance-vie. Quelqu'un qui débloque un apport immobilier a intérêt au PEA.
| PEA | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Durée pour l'avantage fiscal | 5 ans | 8 ans |
| Avant ce délai | tout retrait clôture le plan, sauf exceptions | aucune clôture, imposition à 12,8 % |
| Impôt sur le revenu après le délai | 0 % | 7,5 % au-delà de l'abattement, primes sous 150 000 € |
| Abattement annuel | aucun | 4 600 € seul, 9 200 € en couple |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % | 17,2 % |
| Plafond de versement | 150 000 € | aucun plafond légal |
| Au décès du titulaire | le plan est clôturé, aucun avantage | abattements de 152 500 € ou 30 500 € |
Les deux régimes ont une chose en commun que beaucoup ignorent : les prélèvements sociaux sont dus dans tous les cas, quelle que soit la durée de détention. L'exonération du PEA après cinq ans porte sur l'impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux.
Pour comparer ce taux de 31,4 % avec celui des crypto-actifs, soumis à la même flat tax, mais dont la plus-value se calcule par une formule de portefeuille global et assortis d'un seuil de 305 € de cessions, notre page sur la fiscalité de la crypto et du staking chiffre un exemple complet.
C'est le point sur lequel les comparatifs que vous lirez sont en retard d'un an, et il joue en faveur de l'assurance-vie.
Une hausse est intervenue au 1er janvier 2026 : la contribution sociale généralisée des revenus de placement a pris 1,4 point, de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte le prélèvement social total de 17,2 % à 18,6 %. Le PEA l'a subie, l'assurance-vie en a été dispensée.
| Cas général, dont le PEA | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Contribution sociale généralisée | 10,6 % | 9,2 % |
| Contribution au remboursement de la dette sociale | 0,5 % | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | 7,5 % |
| Total | 18,6 % | 17,2 % |
À ne pas confondre avec la CSG des pensions, qui suit un barème entièrement distinct, à quatre taux et à seuils de revenu fiscal de référence. Un retraité qui détient un PEA relève des deux à la fois : le tableau des taux applicables à sa pension est dans notre page sur la CSG des retraites en 2026.
Source : service-public.gouv.fr, fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026, barèmes des revenus de 2026.
Sur 30 000 € de gains, cet écart représente 420 €, et c'est ce qui recule le point de bascule : à taux égaux, l'assurance-vie n'aurait été la moins chère que jusqu'à 4 600 €. La dérogation lui offre 1 056 € de gains supplémentaires dans sa zone favorable.
Le taux applicable à un PEA peut être plus bas que 18,6 % sur la part des gains acquis avant 2018, l'administration appliquant à ces situations anciennes des taux dits historiques. Nos calculs retiennent le taux plein, qui est le cas de tout PEA alimenté ces dernières années. Si votre plan est ancien, demandez à votre établissement le détail de vos assiettes.
Le PEA est fermé aux trois quarts du monde. Il n'accepte que des actions de sociétés européennes, et des fonds ou organismes de placement collectif qui investissent plus de 75 % de leurs actifs en titres européens. Cette règle des 75 % est la clé : elle explique pourquoi certains fonds indiciels répliquant les marchés américains ou mondiaux sont malgré tout éligibles, par des montages synthétiques, et pourquoi d'autres ne le sont pas. Notre page sur le meilleur ETF PEA détaille ces montages indice par indice, avec les frais de chaque fonds éligible.
L'assurance-vie n'a presque aucune restriction de contenu. Fonds en euros à capital garanti, unités de compte actions, obligations, immobilier papier, fonds indiciels mondiaux sans détour : tout dépend de ce que la compagnie référence dans son contrat, pas de la loi.
Ce que ça implique, concrètement :
Le plafond de versement du PEA est de 150 000 €, et il porte sur les versements, pas sur la valeur du plan : un PEA rempli à 150 000 € qui a doublé vaut 300 000 € sans rien enfreindre.
Le plafond descend à 20 000 € pour une personne majeure rattachée au foyer fiscal de ses parents. C'est le cas qui intéresse quiconque cherche à placer pour un enfant étudiant, et il est rarement mentionné dans les comparatifs.
L'assurance-vie n'a aucun plafond légal de versement, et elle est ouverte aux mineurs, ce que le PEA n'est pas. Pour un enfant, la comparaison est donc tranchée avant même de parler de fiscalité : seule l'assurance-vie est disponible tant qu'il est mineur.
Une limite existe pourtant du côté de l'assurance-vie, et elle n'est pas un plafond mais un seuil de basculement : au-delà de 150 000 € de primes versées, l'impôt après huit ans passe de 7,5 % à 12,8 % sur la fraction excédentaire, et ce seuil se calcule sur l'ensemble de vos contrats.
C'est la section que les comparatifs traitent en dernier, alors qu'elle décide souvent à elle seule.
Au décès du titulaire d'un PEA, la banque doit clôturer le plan. La valeur du compte espèces et du compte titres est arrêtée au jour du décès, les titres sont transférés sur un compte titres de succession, et les héritiers choisissent ensuite de vendre ou de conserver. Le PEA n'apporte aucun avantage successoral : sa valeur entre dans la succession comme n'importe quel autre bien.
L'assurance-vie fait l'inverse. Elle transmet à des bénéficiaires désignés, hors succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, ou de 30 500 € tous bénéficiaires confondus pour celles versées après. Le détail des deux barèmes et de leurs articles du code général des impôts est dans notre page sur qui peut connaître le bénéficiaire d'une assurance-vie.
Deux personnes qui ont le même capital et le même âge peuvent donc transmettre des sommes très différentes selon l'enveloppe choisie, et l'écart ne se rattrape pas après coup : une fois passé 70 ans, l'abattement de 152 500 € n'est plus accessible pour les versements nouveaux.
Un retrait sur un PEA avant la fin de la cinquième année entraîne en principe la clôture du plan. Ce n'est pas seulement une pénalité fiscale, c'est la disparition de l'enveloppe et de son antériorité.
Une assurance-vie ne se clôture jamais d'elle-même. Un rachat partiel avant huit ans coûte plus cher en impôt, mais le contrat survit et son compteur continue de courir. C'est une différence de nature, pas de degré.
Après cinq ans pour le PEA et huit ans pour l'assurance-vie, les deux se retirent librement. Le mode de calcul de la part imposable diffère cependant, et pour l'assurance-vie il obéit à une formule officielle que nous détaillons dans notre page sur le calcul d'un rachat partiel.
Voici une symétrie que nous n'avons vue nulle part ailleurs, et elle est vérifiable dans les deux textes.
Les mêmes quatre événements ouvrent un régime de faveur dans les deux enveloppes, mais l'avantage n'est pas le même :
| Événement | Effet sur le PEA | Effet sur l'assurance-vie |
|---|---|---|
| Licenciement | le retrait anticipé ne clôture pas le plan | les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu |
| Invalidité | idem | idem, invalidité de 2e ou 3e catégorie |
| Mise à la retraite anticipée | idem | idem |
| Liquidation judiciaire | retrait des titres d'une société en liquidation | les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu |
Dans les deux cas, l'époux ou le partenaire de Pacs du titulaire peut être la personne concernée, et non seulement le titulaire lui-même.
Le PEA ajoute un cinquième cas que l'assurance-vie n'a pas : un retrait réinvesti dans les trois mois pour créer ou reprendre une entreprise ne clôture pas le plan.
Si vous placez pour transmettre, l'assurance-vie, sans hésitation. Le PEA se clôture au décès et n'offre rien. L'écart se compte en dizaines de milliers d'euros dès qu'il y a plusieurs bénéficiaires.
Si vous placez en actions européennes pour dix ans et plus, sans besoin de retraits réguliers, le PEA. Au-delà de 5 656 € de gains retirés dans l'année, il prélève moins, et l'écart se creuse proportionnellement.
Si vous voulez une part sans risque, ou un retrait régulier, ou investir hors d'Europe, l'assurance-vie. Le fonds en euros n'a pas d'équivalent dans un PEA, et l'abattement annuel est fait pour les retraits fractionnés.
Dans le doute, les deux. Ils ne partagent ni plafond, ni antériorité, ni contrainte, et les ouvrir tôt fait courir deux compteurs en parallèle. Le seul coût de cette stratégie est celui des frais des contrats, que nous chiffrons dans notre comparatif d'assurance-vie et que notre calculateur d'intérêts composés traduit en euros sur la durée.
L'or physique ne rentre dans aucune des deux enveloppes ; son prix se raisonne à partir de l'once, dont le poids et la fiscalité sont expliqués sur la page de l'once d'or.
Les sources, à la date du 14 septembre 2026. service-public.gouv.fr, fiche F2385 « Plan d'épargne en actions », vérifiée le 22 mai 2026, pour le plafond de 150 000 €, celui de 20 000 € du majeur rattaché, les conditions d'ouverture, les titres éligibles et la règle des 75 %, la clôture en cas de retrait avant cinq ans et ses cinq exceptions, et la clôture obligatoire au décès du titulaire. Fiche F22449 pour l'exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans et le maintien des prélèvements sociaux. Fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026, pour les deux barèmes de prélèvements sociaux de 2026. Fiche F22414, vérifiée le 15 avril 2026, pour l'abattement de 4 600 € et 9 200 €, les taux de 7,5 % et 12,8 % et le seuil de 150 000 €. Articles 990 I et 757 B du code général des impôts pour les abattements de transmission.
Les calculs sont exécutés, pas recopiés. Le point de bascule résout l'égalité entre les deux charges fiscales sur un même montant de gains retirés. Les hypothèses sont affichées : contrat de plus de huit ans, primes sous 150 000 €, PEA de plus de cinq ans, gains d'assurance-vie en unités de compte non encore soumis aux prélèvements sociaux, et taux plein sur le PEA.
Ce que nous n'avons pas fait : nous n'avons pas lu les textes au Journal officiel, nous n'avons relevé aucune grille de frais d'établissement pour ce comparatif, et nous n'avons pas traité le PEA-PME-ETI ni le PEA assurance, qui obéissent à des règles propres. Ces cases restent n.c.
Ce que nous ne faisons pas : nous ne donnons aucun conseil en investissement. Le choix d'une enveloppe dépend de votre horizon, de votre situation familiale et de votre tolérance au risque, trois choses que nous ne connaissons pas. Les montants de cette page comparent des prélèvements, ils ne comparent pas des performances, qui dépendent entièrement de ce que vous mettez dedans.
Le PEA est un compte de placement réglementé, l'assurance-vie est un contrat d'assurance. Cette différence de nature commande tout : le PEA n'accepte que des titres européens, plafonne les versements à 150 000 € et se clôture au décès ; l'assurance-vie accepte presque tous les supports, n'a aucun plafond légal et transmet à des bénéficiaires désignés hors succession.
Oui, et c'est le cas le plus fréquent. Les deux enveloppes sont indépendantes : le plafond de l'une n'entame pas celui de l'autre, et leurs compteurs d'antériorité, cinq ans et huit ans, courent en parallèle. Les ouvrir tôt tous les deux, même avec de petites sommes, ne coûte que les frais des contrats et démarre les deux horloges.
Cela dépend du montant que vous retirez dans l'année. Sous 5 656 € de gains pour une personne seule, ou 11 311 € pour un couple, l'assurance-vie coûte moins cher grâce à son abattement annuel et à ses prélèvements sociaux restés à 17,2 %. Au-dessus, le PEA l'emporte parce qu'il est totalement exonéré d'impôt sur le revenu après cinq ans.
Oui. Le PEA relève du cas général des revenus de placement, dont la CSG a été relevée à 10,6 % au 1er janvier 2026, soit 18,6 % au total en ajoutant la CRDS et le prélèvement de solidarité. L'assurance-vie, elle, est restée à 17,2 %. Cet écart est récent et la plupart des comparatifs en ligne ne l'ont pas encore intégré.
Le plan est clôturé par la banque dès qu'elle est informée du décès. La valeur du compte espèces et du compte titres est fixée au jour du décès, les titres sont transférés sur un compte titres de succession, et les héritiers décident ensemble de vendre ou de conserver. Le PEA n'ouvre aucun abattement particulier, contrairement à l'assurance-vie.
En principe le plan est clôturé, y compris pour un retrait partiel. Cinq exceptions le préservent : licenciement, invalidité ou mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son époux ou partenaire de Pacs, retrait des titres d'une société en liquidation, et retrait réinvesti dans les trois mois pour créer ou reprendre une entreprise.
L'assurance-vie, tant qu'il est mineur, puisque le PEA exige d'être majeur. Une fois majeur mais rattaché au foyer fiscal de ses parents, il peut ouvrir un PEA, mais avec un plafond réduit à 20 000 € au lieu de 150 000 €. Ouvrir une assurance-vie tôt a en plus l'avantage de démarrer le compteur des huit ans pendant l'enfance.
Seulement s'il respecte la règle d'éligibilité : un organisme de placement collectif doit investir plus de 75 % de ses actifs en titres européens pour entrer dans un PEA. Certains fonds répliquent des indices non européens par des montages synthétiques tout en respectant ce quota. En assurance-vie, la question ne se pose pas : la seule limite est la liste que la compagnie référence dans son contrat.
Aucun plafond légal. Il existe en revanche un seuil qui change la fiscalité : au-delà de 150 000 € de primes versées, tous contrats confondus, l'impôt sur les gains rachetés après huit ans passe de 7,5 % à 12,8 % sur la fraction excédentaire. Le PEA, lui, a bien un plafond de versement, fixé à 150 000 € également, mais qui interdit tout versement supplémentaire une fois atteint.