Rachat de crédit

Le seul exemple chiffré publié par une banque réservée aux agents publics affiche un TAEG de 8,50 %, 0,06 point sous le plafond légal de 8,56 % : exemple représentatif de la Banque Française Mutualiste, 10 000 € sur 49 mois, relevé pour septembre 2026. Le « taux fonctionnaire » avantageux ne s'y voit pas.
La règle des 35 % d'endettement ne vise pas le regroupement de crédits : la décision du Haut Conseil de stabilité financière l'exclut expressément à l'article 3, avec les renégociations et rachats externes. Un prêteur peut l'appliquer par prudence, sans obligation.
Le statut change surtout l'accès à la caution mutuelle et la lecture du contrat de travail : titulaire et contractuel en CDI se rapprochent, un CDD est examiné contrat par contrat.
Voici les textes, ce que publient les deux établissements réservés aux agents publics, et ce qui reste inconnu.
Un rachat de crédit pour fonctionnaire est un regroupement de crédits consenti à un agent public, souvent par un établissement qui réserve son offre à la fonction publique. Juridiquement, ce n'est pas un produit à part. Les règles sont celles de tout regroupement : régime du crédit à la consommation ou du crédit immobilier selon la part de crédits immobiliers, plafond de l'usure, document d'information avant l'offre.
Ce que le statut ne change pas :
Ces règles communes, la règle des 60 % qui fixe le régime et les taux de l'usure du trimestre sont détaillées dans notre page pilier sur le rachat de crédit. Cette page-ci ne traite que de ce qui diffère.
Le titulaire occupe un emploi permanent de la fonction publique. Pour un prêteur, c'est un revenu dont la continuité se lit sans effort, et c'est ce qui fonde la réputation du dossier « fonctionnaire ».
Le contractuel est un agent public, mais sous contrat. La Banque Française Mutualiste le rappelle dans un article publié le 27 juin 2026 : un contrat à durée déterminée dans la fonction publique peut durer jusqu'à six ans avec le même employeur, là où le privé limite souvent le CDD à dix-huit mois. Elle ajoute que les banques jugent le CDD plus risqué qu'un emploi permanent, et que l'ancienneté, la succession des contrats et les perspectives de titularisation entrent dans l'examen.
| Titulaire | Contractuel en CDI | Contractuel en CDD | |
|---|---|---|---|
| Nature de l'emploi | permanent, statutaire | contrat sans terme | contrat à terme, jusqu'à 6 ans avec le même employeur |
| Lecture du prêteur | revenu stable | proche du titulaire, selon l'ancienneté | risque de fin de contrat, examiné contrat par contrat |
| Sociétariat CASDEN | ouvert aux « personnels » de la fonction publique | idem | idem |
| Offre BFM | « agents du secteur public » | idem | idem, sous réserve d'acceptation |
Ce que nous n'avons pas trouvé. Aucun des deux établissements ne publie de condition distincte pour les contractuels sur son offre de regroupement : ni exclusion, ni durée minimale de contrat. Ces critères existent sans doute dans l'étude du dossier ; ils ne sont pas publics : n.c.
C'est le chiffre le plus cité sur le sujet, et le plus mal cité.
Ce que fixe la décision du 29 septembre 2021. Le taux d'effort des emprunteurs de crédit immobilier ne doit pas dépasser 35 %, assurance comprise, et la durée ne doit pas dépasser 25 ans. Les prêteurs disposent d'une marge de dérogation de 20 % de leur production trimestrielle.
Ce qu'exclut son article 3, mot pour mot. La décision s'applique aux crédits immobiliers « à l'exception des crédits relais [...], des crédits faisant l'objet d'une renégociation, de ceux consentis pour le remboursement anticipé d'un crédit souscrit auprès d'un autre établissement de crédit, autrement appelés rachats externes, et de ceux résultant d'un regroupement de crédits ».
Ce que ça veut dire pour un agent public. Un rachat de crédit pour fonctionnaire n'est pas soumis au plafond de 35 % du Haut Conseil, qu'il relève du crédit à la consommation ou du crédit immobilier. La décision modificative du 29 juin 2023 n'a touché que la répartition de la marge de dérogation, pas cette exclusion. Un prêteur qui refuse un dossier à 38 % d'endettement le fait en vertu de sa propre politique de risque, et il en a le droit ; il ne peut pas invoquer une obligation légale.
Ce que ça ne veut pas dire. L'absence de plafond réglementaire n'est pas une invitation à s'endetter davantage. Le prêteur reste tenu de vérifier la solvabilité de l'emprunteur, et une mensualité qui dépasse ce que le budget supporte reste une mensualité impayable.
Aucun établissement ne publie de grille de taux pour le regroupement. Le seul exemple chiffré que nous avons trouvé chez un établissement réservé aux agents publics est celui de la Banque Française Mutualiste, pour des conditions valables du 1er au 30 septembre 2026.
| Élément | Valeur publiée |
|---|---|
| Montant et durée de l'exemple | 10 000 € sur 49 mois |
| Taux débiteur annuel fixe | 7,68 % |
| TAEG fixe | 8,50 % |
| Mensualité hors assurance | 238,40 € |
| Montant total dû | 11 781,60 € |
| Assurance facultative | 6,17 € par mois, TAEA 1,42 % |
| Montants possibles | 1 500 à 75 000 € |
| Durées possibles | 6 à 96 mois |
| Garantie | « aucune caution de tiers demandée » |
| Condition | compte à la Société Générale, à partir de deux crédits à la consommation |
Face aux repères de la Banque de France, pour les prêts de plus de 6 000 € du troisième trimestre 2026 : le taux effectif moyen est de 6,42 %, le taux de l'usure de 8,56 %. L'exemple se situe à 2,08 points au-dessus de la moyenne et à 0,06 point sous le plafond.
Une incohérence que nous signalons sans l'expliquer. 49 mensualités de 238,40 € font 11 681,60 €, et non les 11 781,60 € annoncés : 100 € d'écart. En refaisant le calcul actuariel, un TAEG de 8,50 % correspond justement à environ 100 € de frais ajoutés au prêt, alors que la même page annonce « aucuns frais de dossier » pour la période. Nous n'avons pas d'explication publiée : n.c. Avant de signer, c'est une ligne à faire confirmer par écrit.
Ce que cet exemple ne dit pas. Un exemple représentatif n'est pas le taux que vous obtiendrez. Il dit seulement qu'un regroupement de crédits à la consommation, chez un établissement dédié aux agents publics, se négocie dans la même zone que le reste du marché, pas en dessous.
C'est le vrai avantage du statut, quand il existe : une garantie moins chère qu'une hypothèque, ou pas de garantie du tout.
Sans garantie. Le regroupement de la BFM, limité à 75 000 € et à des crédits à la consommation, ne demande aucune caution de tiers. C'est le cas le plus simple : aucun frais de garantie.
La caution mutuelle CASDEN. La CASDEN écrit que sa caution, ou celle de sa filiale Parnasse Garanties, n'entraîne pas d'autres frais que ceux liés à la souscription de ses parts sociales, pour les prêts immobiliers. Le montant de ces parts n'est pas publié sur ses pages : n.c. Son prêt « Regroupement de crédits » est réservé aux sociétaires qui disposent de suffisamment de points CASDEN, c'est-à-dire d'une épargne déjà déposée chez elle. Ni taux, ni exemple, ni montant ne sont publiés : n.c.
L'hypothèque, pour un propriétaire. Quand le regroupement inclut un prêt immobilier ou dépasse ce qu'une offre sans garantie accepte, l'hypothèque reste possible, pour un agent public comme pour tout propriétaire. Ses frais se calculent : sur 80 000 € regroupés, 1 449 € de taxes, contributions et émoluments de notaire, mainlevée de l'ancienne hypothèque comprise. Le détail, poste par poste et sur trois montants, est dans notre page sur le rachat de crédit avec hypothèque.
| Garantie | Qui peut y prétendre | Coût publié |
|---|---|---|
| Aucune (BFM) | agents du secteur public, jusqu'à 75 000 € | 0 € de garantie |
| Caution CASDEN | sociétaires CASDEN | parts sociales, montant n.c. |
| Hypothèque | tout propriétaire | 1 449 € sur 80 000 € (notre calcul) |
Les autres organismes de caution mutuelle cités ailleurs pour les agents publics n'ont pas de page que nous ayons pu lire sur le regroupement de crédits : nous ne les chiffrons pas.
Les établissements réservés à la fonction publique. La Banque Française Mutualiste, dont l'offre suppose un compte à la Société Générale, et qui propose le prêt décrit plus haut. La CASDEN Banque Populaire, dont le sociétariat est ouvert aux personnels et retraités des trois fonctions publiques, à leurs conjoints, et à d'autres personnels assimilés, et qui distribue aussi ses offres dans les Banques Populaires régionales.
Les autres acteurs. Un agent public peut aussi s'adresser à sa propre banque, à un établissement spécialisé ou à un courtier, exactement comme un salarié du privé. Son statut entre alors dans l'analyse du dossier, sans offre dédiée.
Notre partenaire sur ce rayon est Partners Finances, qui reçoit des demandes d'étude de regroupement. Il n'est pas réservé aux agents publics. Si vous passez par ce lien pour déposer une demande, nous touchons une commission, sans que cela coûte plus cher.
Faire étudier un rachat de crédit pour fonctionnaire par Partners Finances, lien partenaire
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Aucune somme, sous quelque forme que ce soit, ne peut vous être réclamée avant l'obtention effective du ou des prêts.
Croire à une baisse de mensualité sans contrepartie. La BFM l'écrit elle-même sur sa page : la baisse du montant des mensualités suppose un allongement de la durée de remboursement et une majoration du coût total. Les promesses de mensualités divisées par quatre ou cinq ne s'accompagnent jamais du coût total : c'est lui qu'il faut demander.
Prendre un exemple représentatif pour un taux garanti. Le 8,50 % de la BFM est un exemple à une date donnée, pour un montant et une durée donnés.
Oublier que les conditions changent. Les conditions relevées sur la page de la BFM valaient du 1er au 30 septembre 2026, et les taux de l'usure changent au 1er octobre. Une offre se juge aux conditions du jour où elle est émise.
Payer avant d'avoir les fonds. Aucun intermédiaire ne peut percevoir une somme avant le versement effectif du prêt, qu'il se présente ou non comme spécialiste de la fonction publique.
Si un incident de remboursement est déjà inscrit, la situation change entièrement, statut ou non. Elle est traitée dans notre page sur le rachat de crédit quand on est fiché FICP.
La règle des 35 % et son exclusion viennent de la décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021 relative aux conditions d'octroi de crédits immobiliers, articles 1 à 3, et de la décision du 29 juin 2023 qui en modifie l'article 2, lues au Journal officiel sur Légifrance le 25 septembre 2026.
Le taux de l'usure et le taux effectif moyen viennent de la publication de la Banque de France « Taux d'usure, 2026-Q3 », datée du 29 juin 2026, applicable du 1er juillet au 30 septembre 2026.
L'offre BFM vient de sa page « Rachat de crédit », conditions du 1er au 30 septembre 2026, et la durée des CDD dans la fonction publique de son article du 27 juin 2026 sur le crédit immobilier des agents contractuels, tous deux lus le 25 septembre 2026.
Les conditions CASDEN viennent de ses pages « Prêt immobilier », « Prêt Regroupement de crédits » et « Parcours d'adhésion », lues le 25 septembre 2026. Le coût de l'hypothèque vient de notre calcul publié dans la page dédiée, sur les tarifs du code de commerce et les taux du code général des impôts.
Les calculs sont les nôtres : écarts de taux par soustraction, contrôle de l'exemple BFM par recalcul des mensualités et du TAEG actuariel.
Elle couvre ce que le statut d'agent public change dans un regroupement de crédits : la lecture du contrat, l'accès à la caution mutuelle, le seul exemple de taux publié par un établissement dédié, et la portée réelle de la règle des 35 %.
Elle ne couvre pas les taux accordés dossier par dossier, que nous ne connaissons pas sans déposer de demande ; le montant des parts sociales CASDEN et ses taux de regroupement, non publiés ; les conditions des autres organismes de caution mutuelle, que nous n'avons pas pu lire ; ni l'assurance emprunteur, qui dépend de l'âge et de la santé. Elle ne classe aucun établissement.
Aucun conseil personnalisé. Les chiffres de cette page servent à lire une offre, pas à choisir à votre place.
Aucune grille n'est publiée. Le seul exemple chiffré d'un établissement dédié, celui de la Banque Française Mutualiste en septembre 2026, affiche 8,50 % de TAEG sur 10 000 € et 49 mois. Le taux effectif moyen publié par la Banque de France pour les prêts de plus de 6 000 € est de 6,42 %, le maximum légal de 8,56 %.
Toutes les banques peuvent le faire. Deux établissements réservent une offre aux agents publics : la Banque Française Mutualiste, jusqu'à 75 000 € de crédits à la consommation, avec un compte à la Société Générale, et la CASDEN, pour ses sociétaires qui disposent de suffisamment de points.
Non, pas au sens réglementaire. L'article 3 de la décision du Haut Conseil de stabilité financière exclut les renégociations, les rachats externes et les regroupements de crédits. Un prêteur peut s'imposer ce plafond par prudence, mais ce n'est pas une obligation légale.
Oui. Les offres dédiées visent les agents du secteur public et les personnels de la fonction publique, sans exclure les contractuels dans leurs pages. Un contrat en CDD, qui peut durer jusqu'à six ans avec le même employeur, sera en revanche examiné de plus près qu'un emploi permanent.
Oui. Votre banque peut renégocier ou regrouper vos crédits elle-même. Ce cas est d'ailleurs, lui aussi, exclu de la règle des 35 % par l'article 3 de la décision du Haut Conseil. La comparaison avec une offre extérieure reste le seul moyen de savoir si la proposition est bonne.
Elle peut, pour un sociétaire et dans les conditions de l'organisme. La CASDEN indique qu'elle ne coûte rien d'autre que la souscription de parts sociales, dont le montant n'est pas publié. À défaut, l'hypothèque coûte 1 449 € de frais calculables sur un regroupement de 80 000 €.
Juger sur la baisse de mensualité sans regarder le coût total ; prendre un exemple représentatif pour un taux garanti ; oublier que les conditions changent chaque mois ou chaque trimestre ; payer un intermédiaire avant le versement des fonds.
La CASDEN ouvre son sociétariat aux retraités des trois fonctions publiques. La page de regroupement de la BFM parle des agents du secteur public sans préciser le cas des retraités : n.c., à vérifier auprès d'elle.