PEA et ETF

Il n'existe pas un meilleur ETF PEA dans l'absolu : il existe, pour chaque indice, un fonds moins cher que les autres. Sur le MSCI World, les deux moins chers prélèvent 0,20 % par an contre 0,38 % pour le plus ancien ; sur le S&P 500, l'Amundi PEA S&P 500 est descendu à 0,12 %.
Sur 10 000 € laissés vingt ans, cet écart représente 1 093 € de capital en moins, à rendement brut identique : le seul critère chiffrable sans rien prédire.
Tous les ETF du tableau répliquent leur indice par un contrat d'échange, ce qui permet de loger des actions américaines ou japonaises dans un PEA dont le fonds détient en réalité des actions européennes.
Voici le tableau relevé le 25 septembre 2026 chez Amundi et iShares, indice par indice, avec frais, encours et mode de réplication : une fiche de données, pas un conseil d'achat.
Chaque ligne est un fonds éligible au plan d'épargne en actions, relevé sur la fiche de son émetteur. Les frais courants sont prélevés chaque année sur l'actif du fonds : vous ne les voyez jamais passer, ils sont déjà déduits de la valeur de la part.
| Indice suivi | Fonds | Code | ISIN | Émetteur | Frais courants | Encours de la part | Réplication |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| MSCI World | Amundi PEA Monde (MSCI World) | DCAM | FR001400U5Q4 | Amundi | 0,20 % | 1 516 M€ | synthétique, swap |
| MSCI World | iShares MSCI World Swap PEA | WPEA | IE0002XZSHO1 | iShares (BlackRock) | 0,20 % | 2 207 M€ | synthétique, swap |
| MSCI World | Amundi MSCI World Swap, part EUR Acc | CW8 | LU1681043599 | Amundi | 0,38 % | 6 675 M€ | synthétique, swap |
| S&P 500 | Amundi PEA S&P 500 | PSP5 | FR0011871128 | Amundi | 0,12 % | 1 209 M€ | synthétique, swap |
| S&P 500 | BNP Paribas Easy S&P 500 | ESE | FR0011550185 | BNP Paribas AM | 0,14 % | 3 508 M€ | synthétique, swap |
| S&P 500 filtré | Amundi PEA S&P 500 Screened | PE500 | FR0013412285 | Amundi | 0,25 % | 1 059 M€ | synthétique, swap |
| Nasdaq-100 | Amundi PEA Nasdaq-100 | PUST | FR0011871110 | Amundi | 0,30 % | 1 255 M€ | synthétique, swap |
| Stoxx Europe 600 | BNP Paribas Easy Stoxx Europe 600 | ETZ | FR0011550193 | BNP Paribas AM | 0,19 % | 1 078 M€ | synthétique, swap |
| MSCI Europe | Amundi PEA MSCI Europe | PCEU | FR0013412038 | Amundi | 0,15 % | 375 M€ | synthétique, swap |
| Émergents | Amundi PEA Emergent (MSCI Emerging) ESG Transition | PAEEM | FR0013412020 | Amundi | 0,30 % | 916 M€ | synthétique, swap |
| Japon, Topix | Amundi PEA Japon (TOPIX) | PTPXE | FR0013411980 | Amundi | 0,20 % | 133 M€ | synthétique, swap |
Trois lectures de ce tableau.
Le MSCI World est l'indice le plus cherché des ETF PEA, parce qu'il couvre en un seul titre les grandes et moyennes capitalisations de 23 pays développés, États-Unis compris.
Trois fonds le suivent dans un PEA, et ils se rangent en deux groupes.
| Amundi PEA Monde | iShares MSCI World Swap PEA | Amundi MSCI World Swap | |
|---|---|---|---|
| Code | DCAM | WPEA | CW8 |
| Frais courants | 0,20 % | 0,20 % | 0,38 % |
| Encours de la part | 1 516 M€ | 2 207 M€ | 6 675 M€ |
| Valeur d'une part au relevé | 6,24 € | n.c. | 699,93 € |
| Revenus | capitalisés | capitalisés | capitalisés |
| Domicile | France | Irlande | Luxembourg |
| Lancement | n.c. | 26 mars 2024 | n.c. |
Ce qui les distingue, ce n'est pas l'indice, c'est le prix et l'ancienneté. CW8 est le plus gros par l'encours parce qu'il est le plus ancien des trois ; les deux fonds à 0,20 % sont plus récents, iShares MSCI World Swap PEA datant du 26 mars 2024.
Le prix d'une part ne dit rien du coût. Une part de DCAM vaut environ 6 €, une part de CW8 environ 700 €. Cela change le nombre de parts achetables avec une petite somme, pas le rendement.
Un écart de frais ne se lit pas en pourcentage, il se lit en euros, et il grossit avec le temps parce qu'il est prélevé chaque année sur un capital qui a grandi.
La formule. Pour un capital C placé n années, avec un rendement brut r et des frais courants f :
capital final = C × ((1 + r) × (1 moins f))^n
Pour 10 000 € placés une fois, sur vingt ans :
| Hypothèse de rendement brut annuel | Frais de 0,20 % | Frais de 0,38 % | Écart |
|---|---|---|---|
| 0 % | 9 608 € | 9 267 € | 341 € |
| 4 % | 21 051 € | 20 305 € | 746 € |
| 6 % | 30 813 € | 29 720 € | 1 093 € |
Pour 200 € versés chaque mois pendant vingt ans, soit 48 000 € au total, à 6 % brut : 88 982 € à 0,20 % de frais, 87 099 € à 0,38 %. L'écart est de 1 883 €.
Ce que ces chiffres disent, et ce qu'ils ne disent pas. Ils mesurent le poids des frais seuls, toutes choses égales par ailleurs. Ils ne prédisent pas le rendement de l'indice, que personne ne connaît, et c'est pourquoi nous donnons trois hypothèses dont une à zéro. La colonne à 0 % est la plus parlante : même si l'indice ne rapportait rien, le fonds le plus cher aurait prélevé 341 € de plus.
Sur le S&P 500, la même mesure ne donne presque rien : entre PSP5 à 0,12 % et ESE à 0,14 %, l'écart de 0,02 point pèse quelques dizaines d'euros sur vingt ans.
Pour faire le calcul avec vos propres montants, notre calculateur d'intérêts composés avec les frais affiche côte à côte la courbe brute et la courbe après frais, et l'écart en euros.
La règle du PEA est stricte. Un fonds n'y entre que s'il emploie plus de 75 % de ses actifs en titres de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen, selon l'article L221-31 du code monétaire et financier. Un indice mondial compte pourtant environ 70 % d'actions américaines.
La réplication synthétique résout la contradiction. Le fonds n'achète pas les actions de l'indice. Il achète un panier d'actions européennes qui respecte la règle des 75 %, puis signe avec une banque un contrat d'échange, le swap : le fonds lui verse la performance de son panier, la banque lui verse en retour la performance exacte de l'indice visé.
Le porteur de parts reçoit donc la performance du MSCI World, alors que le fonds détient surtout des actions européennes. C'est parfaitement légal, c'est la raison d'être de tous les fonds du tableau, et c'est aussi pourquoi aucun ETF PEA sur un indice mondial ne peut être à réplication physique.
Le risque propre à ce montage est celui de la contrepartie : la banque qui verse la performance de l'indice pourrait faire défaut. Dans ce cas, le fonds garde son panier d'actions européennes, dont il est propriétaire, et la perte se limite à l'écart entre la valeur de ce panier et celle que le swap devait lui verser.
La fiche d'Amundi publie la composition réelle du fonds DCAM. Au 23 septembre 2026, elle comptait 74 lignes, et non les plus de 1 200 sociétés du MSCI World.
| Première ligne du panier | Poids |
|---|---|
| ASML Holding (Pays-Bas) | 9,0 % |
| Trane Technologies | 8,8 % |
| Amazon.com | 5,0 % |
| Deutsche Telekom (Allemagne) | 4,7 % |
| Siemens Energy (Allemagne) | 4,2 % |
| Bayer (Allemagne) | 4,1 % |
| Infineon Technologies (Allemagne) | 3,9 % |
| Eaton | 3,6 % |
Classé par pays de risque, comme le publie Amundi, le panier se répartit à environ 73 % sur des pays européens, l'Allemagne en tête avec 40 %, et à 27 % sur les États-Unis. Ce classement n'est pas celui du siège social qui sert au PEA : Trane Technologies et Eaton, rangées aux États-Unis par pays de risque, sont des sociétés de droit irlandais.
La conclusion pratique tient en une phrase. La composition du panier ne détermine pas votre performance : c'est le swap qui la fixe, et elle suit le MSCI World, pas ASML ni Siemens Energy. Le panier sert à rendre le fonds éligible, et à garantir la créance sur la banque.
S&P 500. Deux fonds suivent l'indice des 500 grandes sociétés américaines : Amundi PEA S&P 500 (PSP5) à 0,12 % et BNP Paribas Easy S&P 500 (ESE) à 0,14 %. Amundi propose aussi une part couverte contre le dollar, PSPH, aux mêmes frais de 0,12 % : la couverture neutralise l'effet des variations entre l'euro et le dollar, dans un sens comme dans l'autre.
Nasdaq-100. Un seul fonds relevé, Amundi PEA Nasdaq-100 (PUST), à 0,30 %. L'indice, cent grandes sociétés non financières du Nasdaq, est bien plus concentré sur la technologie que le S&P 500. Amundi lui attribue un indicateur de risque de 5 sur une échelle de 7, contre 4 pour les fonds MSCI World et S&P 500 du tableau.
Europe. Ici la réplication synthétique n'est pas une nécessité mais un choix, puisque les actions européennes sont éligibles par nature. Deux indices différents : le Stoxx Europe 600, 600 sociétés dont les britanniques et les suisses, suivi par BNP Paribas Easy (ETZ) à 0,19 % ; le MSCI Europe, suivi par Amundi PEA MSCI Europe (PCEU) à 0,15 %.
Émergents. Le seul fonds relevé, PAEEM à 0,30 %, ne suit pas le MSCI Emerging Markets classique mais une version « ESG Transition » qui en écarte une partie des sociétés. C'est à savoir avant de comparer sa performance à celle de l'indice large.
Japon. Amundi PEA Japon (PTPXE) suit le Topix à 0,20 %, avec un encours de 133 M€, le plus faible du tableau.
Trois chiffres figurent sur toutes les fiches d'émetteur, et un quatrième compte autant sans y être toujours mis en avant.
Les frais courants, parfois notés TER. C'est le pourcentage prélevé chaque année sur l'actif du fonds.
L'encours, en millions d'euros. Il mesure la taille du fonds. Attention à distinguer l'encours de la part, que nous donnons, de l'encours du fonds entier, qui additionne ses différentes parts : pour PSP5, 1 209 M€ pour la part non couverte, 1 478 M€ pour le fonds.
La réplication. Synthétique pour tous les fonds de ce tableau, pour la raison expliquée plus haut.
L'écart de suivi, la différence entre la performance du fonds et celle de son indice sur une période. Il intègre les frais courants mais aussi le coût du swap, qui peut jouer dans les deux sens. Nous ne l'avons pas relevé dans ce tableau, faute de série publiée de façon homogène par les trois émetteurs : il reste n.c.
Ce qui ne figure pas sur la fiche du fonds : les frais de courtage, plafonnés dans un PEA à 0,5 % de l'ordre passé en ligne. Ils dépendent du courtier, et notre page sur le PEA jeune les relève chez quatre intermédiaires, avec les plafonds fixés par décret.
Le même ETF, une autre enveloppe. Les fonds de ce tableau se logent aussi en assurance-vie ou dans un plan d'épargne retraite, où la fiscalité n'est pas la même. Le seuil à partir duquel le PEA devient moins taxé que l'assurance-vie est calculé dans notre comparaison entre le PEA et l'assurance-vie, et les frais des contrats de retraite sont relevés dans notre page sur le meilleur PER.
Pour loger ces ETF chez un courtier à bas coût, les conditions du PEA de Trade Republic (plafond, ouverture, transfert) sont rassemblées sur une page dédiée.
Amundi, relevé le 25 septembre 2026 sur amundietf.fr, fiches produits des fonds DCAM, CW8, PSP5, PSPH, PE500, PUST, PCEU, PAEEM et PTPXE : frais courants, encours de la part et du fonds, mode de réplication (« Indirect, unfunded swap »), indicateur de risque, valeur de la part, et composition du panier de DCAM datée du 23 septembre 2026.
iShares, relevé le 25 septembre 2026 sur blackrock.com, fiche du fonds iShares MSCI World Swap PEA UCITS ETF : frais courants de 0,20 %, encours de la part de 2 206 805 576 € au 24 septembre 2026, réplication synthétique par swap, lancement le 26 mars 2024, domicile irlandais, régime fiscal PEA.
BNP Paribas Asset Management. Les fiches de bnpparibas-am.com ne se sont pas affichées à notre lecture. Les frais courants, l'encours, la réplication et l'éligibilité des fonds ESE et ETZ proviennent de la base justETF, avec un encours daté du 30 juillet 2026 pour ESE et du 29 juillet 2026 pour ETZ. Ces deux lignes sont donc moins fraîches que les autres, et nous le signalons.
Le cadre légal, lu sur Légifrance : article L221-31 du code monétaire et financier pour la règle des 75 %, article D221-111-1 pour les plafonds de frais du PEA.
Le calcul du coût des frais est le nôtre, formule donnée plus haut, sans aucun impôt ni prélèvement social, qui dépendent de l'enveloppe.
Elle couvre les principaux ETF éligibles au PEA sur sept familles d'indices, avec leurs frais courants, leur encours et leur mode de réplication au 25 septembre 2026, le coût en euros d'un écart de frais sur vingt ans, et le mécanisme qui rend éligibles des indices non européens.
Elle ne couvre pas tous les ETF éligibles au PEA : il en existe sur des indices nationaux (CAC 40, DAX), sectoriels ou à effet de levier, que nous n'avons pas relevés ici. Elle ne donne ni performance passée, ni prévision, ni recommandation : ce n'est pas un conseil en investissement, et aucun des fonds cités n'est présenté comme meilleur qu'un autre au-delà de ce que ses frais mesurent.
Ceux qui se demandent si leur banque peut aussi leur faire acheter des crypto-actifs, avec des frais de 1,5 % prélevés à chaque opération, qui ne se lisent pas comme les frais courants annuels de ces ETF, trouveront les tarifs et l'agrément relevés dans notre page sur l'achat de crypto par sa banque.
Elle ne traite pas non plus l'ouverture du plan lui-même. Les règles du PEA pour un jeune adulte rattaché au foyer de ses parents, avec son plafond de 20 000 €, sont dans notre page sur le PEA jeune.
Aucun fonds n'est le meilleur dans l'absolu, puisque chacun suit un indice différent. À indice égal, le seul critère mesurable sans prévision est le coût : sur le MSCI World, Amundi PEA Monde et iShares MSCI World Swap PEA prélèvent 0,20 % contre 0,38 % pour CW8 ; sur le S&P 500, Amundi PEA S&P 500 prélève 0,12 % et BNP Paribas Easy S&P 500 0,14 %. Les frais sont relevés au 25 septembre 2026.
Nous ne donnons pas de liste d'achat : ce serait un conseil en investissement. Ce que nous publions est un tableau de données, indice par indice. Le choix d'un indice dépend de l'exposition que l'on cherche (monde, États-Unis, Europe, émergents), et, une fois l'indice choisi, le tableau montre quel fonds le suit au plus bas coût.
Personne ne peut le dire. Un ETF suit un indice, il monte et baisse avec lui. Ce que l'on sait à l'avance, ce sont ses frais : c'est pourquoi notre calcul porte sur eux et non sur une performance future.
Il n'existe pas de classement objectif en dix places. Notre tableau recense onze fonds éligibles au PEA sur sept familles d'indices, à comparer entre fonds qui suivent le même indice.
Les frais courants de l'Amundi PEA S&P 500 (PSP5, FR0011871128) sont de 0,12 % par an au 25 septembre 2026, selon la fiche d'Amundi. La part couverte contre le dollar, PSPH, affiche les mêmes 0,12 %.
Les deux suivent le MSCI World par réplication synthétique. Amundi PEA Monde (DCAM), plus récent, prélève 0,20 % et sa part vaut environ 6 € ; CW8, plus ancien, prélève 0,38 % et sa part vaut environ 700 €. Sur 10 000 € et vingt ans, à 6 % de rendement brut hypothétique, l'écart de frais représente 1 093 €.
Il porte un risque que n'a pas un ETF physique : celui de la contrepartie du swap. En cas de défaut de la banque, le fonds conserve son panier d'actions, dont il est propriétaire. Pour un ETF PEA sur un indice mondial, il n'existe de toute façon pas d'alternative physique éligible.
Pas tant que l'argent reste dans le plan. Les gains sont imposés au moment d'un retrait : après cinq ans, ils sont exonérés d'impôt sur le revenu mais supportent 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026 ; avant cinq ans, le retrait entraîne en principe la clôture du plan et une imposition à 31,4 %. Le détail, et la comparaison avec l'assurance-vie, figurent dans notre page PEA ou assurance-vie.
Oui. Le PEA jeune est un PEA ordinaire dont seul le plafond de versements diffère, 20 000 € au lieu de 150 000 € : il accepte les mêmes fonds éligibles.