Barèmes et fiscalité

En 2026, la CSG sur une pension de retraite vaut 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %. Le taux ne dépend ni du montant de la pension, ni de l'âge : il dépend du revenu fiscal de référence de 2024 et du nombre de parts.
Pour une part, les trois seuils sont 13 048 €, 17 057 € et 26 472 €. En dessous du premier, vous ne payez rien. Au-dessus du dernier, vous payez le taux plein.
Et la règle que tout le monde recopie de travers : la majoration par demi-part n'est pas la même sur les trois seuils. Elle vaut 3 484 € pour l'exonération, 4 555 € pour le taux réduit, 7 066 € pour le taux médian. L'appliquer partout place un couple dans la mauvaise tranche.
Voici le tableau complet, les prélèvements qui s'ajoutent, et comment retrouver votre taux.
Les montants ci-dessous sont des revenus fiscaux de référence de 2024, pour une résidence en France métropolitaine.
| Parts | Exonéré, 0 % | Taux réduit, 3,8 % | Taux médian, 6,6 % | Taux normal, 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | jusqu'à 13 048 € | 13 049 à 17 057 € | 17 058 à 26 471 € | à partir de 26 472 € |
| 1,5 part | jusqu'à 16 532 € | 16 533 à 21 612 € | 21 613 à 33 537 € | à partir de 33 538 € |
| 2 parts | jusqu'à 20 016 € | 20 017 à 26 167 € | 26 168 à 40 603 € | à partir de 40 604 € |
| 2,5 parts | jusqu'à 23 500 € | 23 501 à 30 722 € | 30 723 à 47 669 € | à partir de 47 670 € |
| 3 parts | jusqu'à 26 984 € | 26 985 à 35 277 € | 35 278 à 54 735 € | à partir de 54 736 € |
Les seuils ont été revalorisés de 1,8 % au 1er janvier 2026. C'est une revalorisation d'indexation, pas une mesure nouvelle : elle suit l'évolution des prix, et elle explique qu'un retraité dont le revenu n'a pas bougé puisse changer de tranche dans le bon sens.
C'est la phrase que l'on retrouve partout, et elle n'est vraie que sur un seuil des trois.
Chaque seuil a sa propre majoration par demi-part. En reprenant le tableau ci-dessus, l'arithmétique est sans ambiguïté :
| Seuil | Majoration par demi-part |
|---|---|
| Exonération, 0 % | + 3 484 € |
| Taux réduit, 3,8 % | + 4 555 € |
| Taux médian, 6,6 % | + 7 066 € |
Vérification sur deux parts. Exonération : 13 048 + 3 484 + 3 484 = 20 016 €. Taux réduit : 17 057 + 4 555 + 4 555 = 26 167 €. Taux médian : 26 471 + 7 066 + 7 066 = 40 603 €. Les trois tombent exactement sur les montants publiés.
Ce que ça change concrètement. Prenez un couple à deux parts, 39 000 € de revenu fiscal de référence. Avec une majoration unique de 3 484 €, on calcule un seuil de taux médian à 26 471 + 6 968 = 33 439 €, donc un revenu au-dessus, donc le taux normal de 8,3 %. Avec la vraie majoration, le seuil est à 40 603 €, donc le revenu est en dessous, donc le taux médian de 6,6 %. Sur 36 000 € de pensions annuelles, l'écart entre les deux taux représente environ 612 € par an, sur un calcul faux.
La règle sûre est donc de lire la ligne de son nombre de parts, pas d'additionner. C'est aussi pour cette raison que nous publions le tableau jusqu'à trois parts plutôt qu'une formule.
La CSG ne vient jamais seule, et son taux décide de ce qui s'y ajoute.
La CRDS, au taux de 0,5 %, est due dès que vous n'êtes pas exonéré de CSG. Elle frappe donc les trois taux, y compris le taux réduit de 3,8 %.
La CASA, au taux de 0,3 %, ne concerne que les taux médian et normal. Un retraité au taux réduit ne la paie pas.
Le prélèvement social total est donc de 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 % selon votre tranche, et non de 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %. C'est ce total qui apparaît sur le relevé de pension, ce qui explique une bonne partie des écarts constatés entre le taux annoncé et le montant réellement retenu.
C'est la question la plus posée du sujet, et la réponse tient en trois gestes.
Prenez votre avis d'impôt reçu en 2025, celui qui porte sur les revenus de 2024. Le revenu fiscal de référence y figure en première page.
Relevez votre nombre de parts sur le même avis. C'est ce chiffre, et non votre situation familiale d'aujourd'hui, qui sert au calcul.
Croisez les deux dans le tableau ci-dessus. Vous obtenez votre taux applicable en 2026.
Vous n'avez aucune démarche à faire. Le Service des retraites de l'État écrit que l'exonération, quand elle est due, s'applique « sans aucune démarche de votre part » : la caisse reçoit directement votre situation fiscale de l'administration. Si votre taux vous paraît faux, c'est donc votre avis d'impôt qu'il faut regarder en premier, pas votre caisse.
Un mécanisme peu connu protège contre les à-coups, et il ne joue que dans un sens.
Un taux de CSG ne peut augmenter que si le revenu dépasse le seuil deux années consécutives. Une année isolée au-dessus, à cause d'une plus-value, d'un capital perçu une seule fois ou d'un arriéré, ne fait pas basculer le taux. En revanche une baisse de revenu s'applique immédiatement.
La conséquence pratique : si votre taux a augmenté en 2026 alors que votre revenu n'a franchi le seuil qu'une fois, la question mérite d'être posée à votre caisse. Si le franchissement a eu lieu deux années de suite, en revanche, la hausse est régulière.
Trois causes se cumulent cette année, et elles n'ont rien à voir entre elles.
Le changement de tranche de CSG, si le revenu fiscal de référence de 2024 a franchi un seuil pour la deuxième année de suite. C'est l'effet le plus visible, puisqu'il porte sur plusieurs points de prélèvement d'un coup.
Le taux de prélèvement à la source, révisé chaque année et qui n'a rien à voir avec la CSG. Les deux se cumulent sur la même ligne de relevé, ce qui entretient la confusion.
La revalorisation des seuils de 1,8 %, qui joue dans l'autre sens et qui a fait sortir une partie des retraités d'une tranche. Une pension inchangée peut donc avoir gagné ou perdu, selon le côté du seuil où se trouve le revenu.
Les pensions elles-mêmes ont progressé deux fois moins vite que ces seuils : 0,9 % sur les retraites de base, et rien sur l'Agirc-Arrco. Le détail régime par régime, avec la hausse réelle calculée en euros sur plusieurs pensions types, est dans notre tableau de la revalorisation des retraites en 2026.
Elle couvre les quatre taux de CSG applicables en 2026 aux pensions de retraite de base et complémentaires, les seuils de revenu fiscal de référence de 1 à 3 parts en France métropolitaine, les majorations par demi-part, la CRDS, la CASA et la règle de lissage.
Elle ne couvre pas les seuils applicables dans les départements d'outre-mer, qui sont différents et que nous n'avons pas relevés. Elle ne couvre pas non plus les pensions d'invalidité et les allocations de préretraite, qui obéissent à des règles propres, ni le cas des retraités résidant hors de France, pour lesquels c'est l'affiliation à l'assurance maladie française qui décide, et non le revenu fiscal de référence.
Un cas particulier fréquent. Un retraité qui s'installe à l'étranger ne relève plus du revenu fiscal de référence pour sa CSG, mais de son affiliation à l'assurance maladie française. Le cas du Portugal, et la répartition du droit d'imposer entre les deux pays, sont traités dans notre page sur la retraite au Portugal.
Un point voisin, souvent confondu avec celui-ci. La CSG des pensions n'est pas celle des revenus de placement, qui suit un barème entièrement distinct. Sur ce terrain, l'assurance-vie occupe en 2026 une position particulière, que nous détaillons dans notre comparaison entre le PEA et l'assurance-vie.
Les sources, relevées le 17 septembre 2026. Les seuils et les taux proviennent de la page « Prélèvements sociaux en 2026 : augmentation des seuils » de l'Assurance retraite, et de la page « Les prélèvements sociaux et les exonérations » du Service des retraites de l'État. Les deux publient les mêmes montants pour une part. Les majorations par demi-part sont calculées à partir du tableau par nombre de parts de l'Assurance retraite, et vérifiées sur les lignes 1,5 part, 2 parts, 2,5 parts et 3 parts.
Quatre taux : 0 % en cas d'exonération, 3,8 % au taux réduit, 6,6 % au taux médian et 8,3 % au taux normal. Pour une part, les seuils de revenu fiscal de référence 2024 sont 13 048 €, 17 057 € et 26 472 €. Le tableau complet de 1 à 3 parts figure plus haut sur cette page.
Ce n'est pas le montant de la retraite qui décide, mais le revenu fiscal de référence du foyer. Pour une personne seule à une part, l'exonération totale vaut jusqu'à 13 048 € de revenu fiscal de référence de 2024. Un retraité dont la pension est le seul revenu et qui perçoit environ 1 200 € par mois se situe près de la limite, et un autre revenu, même modeste, peut faire basculer le foyer.
En lisant deux chiffres sur votre avis d'impôt reçu en 2025 : le revenu fiscal de référence et le nombre de parts. Le croisement des deux dans le tableau donne le taux. Aucune démarche n'est à faire auprès de la caisse, qui reçoit directement l'information de l'administration fiscale.
Parce que votre revenu fiscal de référence a franchi un seuil deux années de suite. Un franchissement isolé ne suffit pas : la règle de lissage empêche la hausse tant que le dépassement n'est pas confirmé sur deux années consécutives. À l'inverse, une baisse de revenu s'applique sans délai.
Oui, et pas dans les mêmes cas. La CRDS à 0,5 % est due dès que vous n'êtes pas exonéré de CSG, y compris au taux réduit. La CASA à 0,3 % ne s'applique qu'aux taux médian et normal. Le prélèvement social total est donc de 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 %.
Uniquement pour le seuil d'exonération. Elle vaut 4 555 € pour le seuil du taux réduit et 7 066 € pour celui du taux médian. C'est l'erreur la plus fréquente des tableaux publiés en ligne, et elle peut faire croire à un taux normal là où le taux médian s'applique.
Non. Les seuils diffèrent en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte. Nous ne les avons pas relevés, et cette page ne les donne donc pas : se reporter à la page des prélèvements sociaux de l'Assurance retraite, qui publie les deux séries.
Non. Le taux est déterminé par votre situation fiscale, pas par le régime qui verse la pension. Il s'applique de la même façon à la retraite de base, à l'Agirc-Arrco et aux autres complémentaires. En revanche chaque caisse applique le prélèvement de son côté, ce qui peut décaler d'un mois la prise en compte d'un changement de tranche.