Assurance-vie

On ne peut pas transférer une assurance-vie vers un autre assureur sans la racheter : la loi Pacte permet seulement de la transformer en un autre contrat du même assureur, en gardant l'ancienneté fiscale, si l'assureur l'accepte. Le distributeur, lui, peut changer : on peut quitter sa banque pour un courtier à condition que celui-ci distribue un contrat de la même compagnie. Ce que cela coûte, et ce que cela rapporte, se calcule.
Le transfert n'existe qu'à l'intérieur d'une même compagnie d'assurance, que le distributeur change ou non. Selon le BOFiP, un contrat d'assurance-vie ne peut être transformé qu'auprès du même organisme assureur, en un contrat de même nature.
| Situation | Possible ? | Ancienneté fiscale |
|---|---|---|
| Autre contrat du même assureur, même distributeur | oui, si le contrat d'accueil convient au souscripteur : acceptation automatique selon l'engagement de France Assureurs | conservée |
| Autre contrat du même assureur, autre distributeur (banque vers courtier, par exemple) | oui si le nouveau distributeur est partenaire de l'assureur ; demande examinée au cas par cas | conservée |
| Contrat d'un autre assureur | non : rachat du contrat d'origine, puis nouvelle souscription | perdue |
Le changement de distributeur n'est pas un motif de refus : les membres de France Assureurs l'ont écrit dans leur recueil déontologique (engagement n° 27, février 2025). Notre page sur le courtier en assurance-vie explique comment vérifier le nouveau distributeur.
Le contrat d'accueil doit être chez le même assureur et du même type, et il doit permettre d'investir en unités de compte ou en eurocroissance. Le BOFiP vise la transformation en un contrat qui permet d'affecter les primes à des unités de compte ou à des droits de provision de diversification. Un contrat de capitalisation ne peut pas devenir une assurance-vie, ni l'inverse.
Les autres conditions et protections, selon le BOFiP et le recueil de France Assureurs :
Aucun texte ne plafonne ni n'interdit les frais de transfert, et le transfert lui-même n'est pas un fait générateur d'impôt. Selon MoneyVox (mise à jour du 5 janvier 2026), un transfert au sein du même assureur donne rarement lieu à de nouveaux frais, mais les conditions générales peuvent en prévoir : n.c. pour un chiffre général.
Le coût réel se joue ailleurs :
Illustration chiffrée, hypothèse affichée : 50 000 € placés, performance brute de 4 %, contrat d'origine à 1,0 % de frais annuels, contrat d'accueil à 0,6 %. L'économie est de 200 € la première année et de 2 656 € de capital supplémentaire au bout de dix ans. En l'absence de frais de transfert, l'économie commence dès la première année. Notre calculateur d'intérêts composés refait ce calcul avec vos propres frais.
Pour un contrat de plus de huit ans, un rachat total coûte 780 € d'impôt sur le revenu sur 15 000 € de plus-values pour une personne seule, plus la perte de l'abattement futur. Le taux est de 7,5 % après l'abattement annuel de 4 600 €, pour des primes inférieures à 150 000 € tous contrats confondus ; au-delà, la fraction concernée est imposée à 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent dans tous les cas.
| Plus-values du contrat | Contrat de plus de 8 ans : base après abattement | Impôt à 7,5 % | Contrat de moins de 8 ans : impôt à 12,8 % |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | 5 400 € | 405 € | 1 280 € |
| 15 000 € | 10 400 € | 780 € | 1 920 € |
| 30 000 € | 25 400 € | 1 905 € | 3 840 € |
Pour la colonne des contrats de moins de huit ans, l'abattement de 4 600 € ne s'applique pas. À cet impôt s'ajoute la perte de l'ancienneté : sur un nouveau contrat, les huit ans repartent de zéro, et l'abattement ne s'applique qu'ensuite. Le manque à gagner maximal est de 345 € par an pendant huit ans, soit 2 760 € pour une personne seule et 5 520 € pour un couple, et seulement si l'on aurait retiré au moins 4 600 € de gains chaque année.
Ce coût se compare à l'économie de frais. Avec les 200 € d'économie annuelle de l'exemple précédent, l'impôt seul (780 €) est amorti en environ 4 ans ; avec le plafond de 3 540 €, il faut environ 18 ans. Autre voie, sans rachat total : ouvrir le nouveau contrat, garder l'ancien et en retirer progressivement les gains dans la limite de l'abattement annuel, comme le décrit MoneyVox. Notre calcul d'un rachat partiel montre l'impôt retrait par retrait, et la page sur la fiscalité du rachat d'une assurance-vie détaille les taux.
La transformation Fourgous ne concernait que les contrats monosupports en euros, alors que le transfert Pacte accepte tout contrat d'origine, monosupport ou multisupport. Avant la loi Pacte, de mai 2019, seule la transformation Fourgous existait, selon MoneyVox. Depuis, l'assureur n'a plus à exiger que le contrat d'origine soit monosupport.
| Année | Transformations Pacte | Montants transférés |
|---|---|---|
| 2020 | 236 000 | 6,8 Md€ |
| 2021 | 421 000 | 15,1 Md€ |
| 2022 | 331 000 | 13,5 Md€ |
| 2023 | 303 000 | 12,3 Md€ |
Ces chiffres, de France Assureurs et du comité de suivi de la loi Pacte de France Stratégie, sont cités par MoneyVox. À titre de comparaison, les transformations Fourgous étaient de 218 000 en 2017 et de 174 000 en 2018. Un exemple de contrat dont l'ancienneté mérite un calcul : notre page sur Nuances 3D et Nuances Plus relève ce que ces contrats servent et coûtent.
Quatre questions écrites suffisent à éviter une réponse évasive.
Couvert : le transfert entre deux contrats d'un même assureur, le changement de distributeur à contrat constant, le coût comparé d'un rachat, les engagements des assureurs.
Non couvert : les frais de transfert pratiqués par chaque assureur (n.c.), les taux de refus par assureur (n.c.), le transfert d'un PER ou d'un PERP, les contrats de capitalisation, et la situation d'un contrat nanti ou assorti d'une avance. Aucun conseil fiscal ni en investissement n'est donné, et cette page ne porte aucun lien commercial.
Non, pas le transfert interne. Le nouveau contrat est réputé souscrit à la date du premier versement sur l'ancien, ce qui conserve les huit ans et l'antériorité pour les articles 757 B et 990 I du CGI, selon le BOFiP. Seul le rachat suivi d'une nouvelle souscription remet le compteur à zéro.
Non, la loi ne l'impose pas. France Assureurs s'est engagée à accepter automatiquement quand le distributeur est le même et le contrat d'accueil approprié, et à motiver tout refus. Ailleurs, chaque assureur applique sa politique d'acceptation.
Non : la transformation n'entraîne pas les conséquences fiscales d'un dénouement. L'assureur doit le rappeler chaque année dans l'information sur la possibilité de transformer le contrat. C'est le rachat qui est imposable, pas le transfert interne.
Oui : le BOFiP prévoit une transformation partielle ou totale. En cas de transformation partielle, le contrat d'origine continue de fonctionner et conserve son antériorité fiscale.
Pas dans le cadre de la transformation décrite ici, qui se fait vers un contrat de même nature chez le même assureur. Un PER est un autre produit : la voie passe par un rachat, avec ses conséquences fiscales. Notre page sur le meilleur PER détaille ce que cette enveloppe change à la sortie.
L'engagement d'acceptation de France Assureurs ne couvre pas ce cas. Il exclut les contrats avec une avance non remboursée et ceux dont l'exécution dépend de l'accord d'un tiers. L'assureur peut donc refuser, en motivant sa décision.
Non : la transformation se fait vers un contrat de même nature. Un bon ou contrat de capitalisation ne peut pas devenir une assurance-vie, ni l'inverse (BOFiP, paragraphe 360).
Demandez le motif par écrit, puis saisissez La Médiation de l'Assurance. Les assureurs membres de France Assureurs sont tenus d'adhérer à ce dispositif gratuit de règlement amiable des litiges, qui s'adresse aussi aux intermédiaires adhérents. La clause bénéficiaire du nouveau contrat se relit à cette occasion : voir notre page sur l'assurance-vie et la succession.