
En 2026, l'administration fiscale classe les bénéfices du staking dans les bénéfices non commerciaux (BNC), alors que la vente de crypto-actifs est taxée à 31,4 %. Une récompense de staking n'est donc pas une plus-value : elle entre dans le revenu imposable au barème progressif, après un abattement de 34 % en micro-BNC.
Une récompense de 1 000 € laisse 660 € imposables en micro-BNC. À une tranche marginale de 30 %, cela fait 198 € d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux applicables aux BNC ne sont pas précisés par l'administration : n.c.
Le staking crypto passif désigne le fait de confier ses crypto-actifs à un prestataire, ou de les immobiliser sur un réseau, en échange d'une récompense versée en jetons. Les pages commerciales parlent de revenu passif ; ce n'est pas une catégorie fiscale.
> Avertissement. Les crypto-actifs exposent à une perte partielle ou totale du capital. Cette page explique des règles fiscales et ne conseille ni d'acheter, ni de vendre, ni de placer en staking. Elle ne remplace pas l'avis d'un professionnel pour votre situation.
D'après impots.gouv.fr (page sur les cessions d'actifs numériques, publiée le 16 juin 2023, modifiée le 17 juillet 2026), les bénéfices issus du minage ou du staking sont imposés dans la catégorie des BNC. Le contribuable choisit entre le micro-BNC, avec un abattement forfaitaire de 34 %, et la déduction de ses frais réels.
Cette qualification est la seule position officielle publiée sur le staking. Aucun article du code général des impôts ne vise le staking en toutes lettres, et le BOFiP traite du minage, sans employer le mot staking, dans son commentaire sur les BNC (BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40). L'administration applique donc au staking, par analogie, la logique du minage : des actifs numériques reçus en contrepartie d'une participation au fonctionnement d'un réseau.
Le micro-BNC est ouvert jusqu'à 83 600 € de recettes pour les activités libérales en 2026, selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Le plafond était de 77 700 € pour les années 2023 à 2025. Au-delà, ou si vous préférez déduire vos frais réels, le régime réel s'applique.
Les pages officielles ne fixent ni la date d'imposition, ni la valeur retenue. Dans la pratique décrite par les cabinets d'avocats fiscalistes, par exemple NBE Avocats en janvier 2026, la récompense est imposée l'année où elle est perçue, pour sa valeur de marché en euros au jour de l'attribution. Ce n'est pas une règle écrite par l'administration : c'est la lecture du BNC, où les recettes sont imposées lorsqu'elles sont encaissées.
Dans cette lecture, une récompense reçue en 2026 se rattache à la déclaration de revenus 2026, déposée au printemps 2027, même si vous ne l'avez jamais convertie en euros. Conservez pour chaque versement la date, le nombre de jetons et leur cours en euros.
La revente contre euros relève du régime des plus-values d'actifs numériques, taxé à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon la même page d'impots.gouv.fr. Un guide qui affiche encore 30 % s'appuie sur une version du BOFiP antérieure à la hausse de la CSG sur les revenus du capital de 2026, comme le détaille notre page sur le point de bascule entre PEA et assurance-vie.
La plus-value se calcule sur le portefeuille entier, pas sur la ligne vendue. Plus-value = prix de cession − (prix total d'acquisition × prix de cession ÷ valeur globale du portefeuille), d'après l'article 150 VH bis du CGI tel que le commente le BOFiP.
| Donnée | Montant |
|---|---|
| Total versé en euros pour acheter des crypto-actifs | 10 000 € |
| Valeur globale du portefeuille au moment de la vente | 20 000 € |
| Prix de cession | 5 000 € |
| Fraction du prix d'acquisition retenue : 10 000 × 5 000 ÷ 20 000 | 2 500 € |
| Plus-value : 5 000 − 2 500 | 2 500 € |
| Impôt sur le revenu à 12,8 % | 320 € |
| Prélèvements sociaux à 18,6 % | 465 € |
| Total à 31,4 % | 785 € |
Une question reste ouverte : la valeur imposée en BNC entre-t-elle dans le prix d'acquisition ? Les fiscalistes répondent oui, pour éviter une double imposition. Si 1 000 € de récompenses font partie des 20 000 € de l'exemple et s'ajoutent aux 10 000 € payés, le prix d'acquisition passe à 11 000 € : 5 000 − (11 000 × 5 000 ÷ 20 000) = 2 250 € de plus-value, soit 706,50 € d'impôt au lieu de 785 €. L'administration ne le confirme pas dans ses pages : à faire valider par un professionnel.
Les échanges entre crypto-actifs ne sont pas imposés sur le moment. L'article 150 VH bis les place en report ; la plus-value n'est calculée qu'à la cession suivante contre des euros.
Le seuil de 305 € vise les ventes, pas le gain. Si le total des prix de cession de l'année n'excède pas 305 €, la cession est exonérée ; dès qu'il le dépasse, toutes les cessions de l'année entrent dans le calcul. Vendre 306 € avec 5 € de gain est imposable, vendre 300 € avec 200 € de gain ne l'est pas.
Aucune page officielle ne prévoit de régime propre au staking d'un stablecoin comme l'USDC. La page de l'administration ne mentionne ni stablecoins, ni intérêts, ni prêts de crypto-actifs, ni distributions gratuites de jetons. Faute de règle spécifique, la lecture courante des fiscalistes est que les récompenses en USDC suivent le même chemin que les autres : BNC à la réception, valorisées en euros.
Ce qui change, c'est le calcul, pas le régime. Un USDC vaut à peu près un dollar ; le montant en euros à déclarer dépend du taux de change du jour. Mille USDC reçus ne valent pas toujours 1 000 €. Le calcul est un point d'attention, pas une règle fiscale différente.
Quand vous revendez des USDC contre euros, c'est une cession : elle compte pour le seuil de 305 € et suit la formule du portefeuille global. La valeur de vos USDC entre dans la « valeur globale du portefeuille », ce qui diminue la fraction du prix d'acquisition retenue sur chaque vente. Un échange USDC contre un autre crypto-actif reste en report, comme tout échange sans euros.
Les cessions imposables se déclarent sur l'annexe 2086, en ligne dans « Déclarations annexes » ou avec la 2042 C sur papier. Le gain se reporte case 3AN et la moins-value case 3BN. Les moins-values ne se reportent pas : elles ne s'imputent que sur des plus-values de même nature réalisées la même année.
L'option pour le barème progressif se coche en case 3CN. Le choix est irrévocable, global pour l'année, et indépendant de l'option sur les revenus de capitaux mobiliers. Il remplace seulement les 12,8 % : les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus.
Les récompenses du staking crypto passif se déclarent comme des BNC, en micro-BNC ou au réel. La case exacte n'est pas indiquée sur la page de l'administration : n.c.
Chaque compte d'actifs numériques ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger se déclare sur l'imprimé 3916-bis, en fin de déclaration en ligne. L'oubli est sanctionné par l'article 1736 X du CGI.
| Manquement | Montant | Si les comptes dépassent 50 000 € |
|---|---|---|
| Compte non déclaré, par compte | 750 € | 1 500 € |
| Omission ou inexactitude, par omission | 125 €, plafond de 10 000 € par déclaration | 250 € |
Ces montants viennent du BOFiP (BOI-CF-INF-20-10-50, version de 2021) et s'entendent par compte et par année ; le seuil de 50 000 € s'apprécie à un moment quelconque de l'année. La procédure de régularisation spontanée n'est pas décrite par l'administration : n.c.
| Question | État des sources officielles |
|---|---|
| Staking délégué à une plateforme et validation directe : même traitement ? | La page parle de « minage ou de staking » sans distinguer. Non tranché. |
| Date d'imposition de la récompense | Non précisée. Pratique des fiscalistes : à la réception. |
| Valeur imposée = prix d'acquisition à la revente ? | Non précisé. |
| Intérêts d'un prêt de crypto, airdrops | Non mentionnés. |
| Prélèvements sociaux sur ces BNC | n.c. |
Pour le staking crypto passif, la règle prudente tient en une phrase : gardez, pour chaque récompense, la date et la valeur en euros. Ces deux données servent quelle que soit la réponse finale de l'administration.
Retrouvez la société dans la liste blanche de l'AMF et vérifiez que le service de staking y figure : un agrément pour l'échange ou la conservation n'est pas un agrément pour le staking. Depuis le 1er juillet 2026, la période transitoire des anciens prestataires enregistrés est terminée, selon le communiqué de l'AMF du 5 février 2026. Notre outil de liste noire de l'AMF permet de contrôler un nom en quelques secondes.
Un rendement annoncé n'est jamais net. Il est exprimé avant impôt, avant frais de la plateforme et avant la variation du prix du jeton. Pour la crypto achetée par sa banque, voir notre page sur l'achat de crypto par sa banque.
Fiscalité des cessions et du staking : impots.gouv.fr, « Comment déclarer les plus ou moins-values sur cessions d'actifs numériques » (publiée le 16 juin 2023, modifiée le 17 juillet 2026) : taux de 31,4 %, seuil de 305 €, annexe 2086, cases 3AN, 3BN, 3CN, imprimé 3916-bis, BNC pour le minage et le staking, abattement de 34 %.
Doctrine : BOFiP BOI-RPPM-PVBMC-30-30 (formule, seuil, moins-values) ; BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40 (minage) ; BOI-CF-INF-20-10-50 (amendes de l'article 1736 X du CGI).
Micro-BNC : entreprendre.service-public.gouv.fr, seuils 2026 du régime micro-entreprise (83 600 € pour les activités libérales).
Pratique des fiscalistes : NBE Avocats, « Fiscalité du staking crypto en France : règles et déclarations 2026 » (janvier 2026), pour la date d'imposition et la valeur retenue, qui ne figurent pas dans les pages officielles.
Prestataires : liste blanche de l'AMF et communiqué du 5 février 2026.
Chaque montant en euros de cette page est un calcul de la rédaction, avec sa formule.
Cette page traite de l'impôt d'un particulier sur le staking crypto passif (récompenses, revente des jetons, staking USDC, formulaires 2086 et 3916-bis, amendes).
Elle ne couvre pas les cessions à titre habituel ou professionnel, les jetons non fongibles, la finance décentralisée, la transmission par donation ou succession, ni la régularisation d'un compte omis. Elle ne donne aucun conseil fiscal ni d'investissement.
Par les déclarations que le contribuable dépose lui-même : l'annexe 2086 pour les cessions, y compris sous le seuil de 305 € où seuls les prix sont indiqués, et l'imprimé 3916-bis pour chaque compte à l'étranger, sous peine de 750 € par compte. Les obligations de déclaration des plateformes ne sont pas précisées par l'administration : n.c.
Fiscalement, la récompense est imposée en BNC sans que la date d'imposition soit fixée par un texte. Côté placement, le rendement affiché ignore l'impôt et les frais, le prix du jeton peut baisser, et les jetons peuvent être immobilisés pendant une période de blocage.
Oui, en bénéfices non commerciaux, selon impots.gouv.fr (page modifiée le 17 juillet 2026). Le micro-BNC applique un abattement de 34 %, ou vous déduisez vos frais réels.
Cela dépend de votre tranche. Sur 1 000 € de récompenses en micro-BNC, 660 € sont imposables : à 11 % de tranche marginale, l'impôt est de 72,60 € ; à 30 %, de 198 € ; à 41 %, de 270,60 €. Les prélèvements sociaux et la variation du prix du jeton s'y ajoutent ou s'en retranchent.
Oui, dans les mêmes conditions que les autres récompenses : aucun texte ne prévoit d'exception pour les stablecoins. Valorisez chaque récompense en euros au jour de la réception.
31,4 % sur les plus-values de cession d'un particulier : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon impots.gouv.fr. Les récompenses de staking relèvent, elles, des BNC au barème progressif.
Sur les ventes. Les cessions dont la somme des prix n'excède pas 305 € dans l'année sont exonérées ; au-delà, toutes les cessions de l'année entrent dans le calcul.
Trois situations réduisent ou suppriment la flat tax : des cessions annuelles de 305 € au plus, l'option pour le barème en case 3CN quand le foyer a une tranche marginale basse, et la compensation de moins-values de la même année. Aucune ne dispense de déclarer.
Pas au moment de l'échange : il est placé en report. La plus-value n'est calculée qu'à la cession suivante contre des euros.
750 € par compte non déclaré, 1 500 € si la valeur des comptes dépasse 50 000 €, et 125 € ou 250 € par omission ou inexactitude, selon le BOFiP. Adressez-vous à votre centre des finances publiques pour régulariser.
L'imprimé 3916-bis vise les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger. Les cessions, elles, se déclarent sur la 2086 quel que soit le prestataire.