Assurance-vie

Un courtier en assurance-vie est un intermédiaire immatriculé à l'ORIAS qui distribue les contrats de plusieurs assureurs et se rémunère sur les frais prélevés chaque année sur votre contrat. Vous ne recevez aucune facture, d'où l'impression d'un service gratuit. Il ne l'est pas : la part qui lui revient est déjà comprise dans les frais affichés, et c'est ce que montre la fiche tarifaire d'un contrat en ligne, ligne par ligne.
Le courtier propose les contrats de plusieurs compagnies, l'agent général ceux d'une seule, et le conseiller d'une banque ceux de son établissement. Aucun des trois n'est neutre : le courtier choisit lui-même les assureurs qu'il référence, et ce choix tient aussi à ce qu'ils lui reversent.
Le registre est tenu par l'ORIAS, placé sous la tutelle de la Direction générale du Trésor, et l'immatriculation y est obligatoire. Au 31 décembre 2025, selon l'ORIAS, 72 666 intermédiaires y figuraient pour 123 083 inscriptions, dont 74 077 en assurance.
Un même cabinet peut cumuler plusieurs statuts, chacun sur une ligne distincte de sa fiche ORIAS. Le statut compte pour la rémunération : certains distributeurs, les conseillers en investissements financiers en particulier, facturent des honoraires directs plutôt que de vivre des frais du contrat, selon l'Observatoire des produits d'épargne financière de la Banque de France (rapport 2025).
Le courtier est payé par l'assureur, à partir des frais que vous supportez : une part des frais ponctuels (entrée ou sortie) ou des frais récurrents (gestion du produit). La Banque de France le formule ainsi : le distributeur « perçoit du producteur une rémunération prélevée sur les frais ponctuels ou récurrents » du produit, sans paiement direct et séparé du client. Sur les supports en unités de compte, elle prend la forme de rétrocessions de commissions versées par les sociétés de gestion.
Ces rétrocessions sont chiffrées dans les annexes tarifaires des contrats. Celles de Linxea Spirit 2, moyennes du dernier exercice clos selon l'annexe Spirica du 1er août 2025 :
| Catégorie de fonds | Frais annuels moyens | Dont rétrocession | Part rétrocédée |
|---|---|---|---|
| Actions | 1,66 % | 0,73 % | 44 % |
| Obligations | 1,09 % | 0,46 % | 42 % |
| Mixtes | 1,68 % | 0,70 % | 42 % |
| Immobilier | 1,89 % | 0,59 % | 31 % |
| Monétaires | 0,30 % | 0,10 % | 33 % |
Sur 20 000 € investis en fonds actions, 0,73 % représente 146 € par an, prélevés sans facture. La rétrocession revient au distributeur et au gestionnaire du contrat : l'annexe ne dit pas dans quelle proportion. La part rétrocédée sur le fonds en euros n'y est pas publiée : n.c.
Trois conséquences : la rémunération grandit avec l'encours et la durée, elle dépend du support choisi (les fonds actions rapportent davantage que les fonds monétaires), et elle dépend de l'assureur. Les frais qui rémunèrent le distributeur doivent figurer dans le document d'informations clés, les conditions générales ou l'annexe financière du contrat.
En 2023, les frais sur versement des contrats d'assurance-vie ont été en moyenne de 0,75 % sur le fonds en euros et de 0,55 % sur les unités de compte, alors que Linxea, courtier en ligne, affiche 0 %. Ces moyennes viennent du rapport 2025 de l'Observatoire des produits d'épargne financière, qui couvre tous les circuits de distribution. Sur Linxea Spirit 2, l'annexe Spirica affiche 0 % de frais sur versement et 0 % de frais de transfert sortant.
Les frais annuels, eux, ne disparaissent pas. Les frais de gestion moyens des contrats ressortent à 0,64 % sur le fonds en euros et 0,85 % sur les unités de compte en 2023 (Banque de France). Linxea Spirit 2 affiche 0,50 % pour la gestion des unités de compte sur sa page produit. Les fonds eux-mêmes ajoutent leurs frais propres, ceux du tableau ci-dessus.
Un point de frais annuel pèse davantage qu'un point de frais d'entrée, parce qu'il se répète chaque année. Le calculateur d'intérêts composés traduit un écart de frais en euros sur la durée, et notre avis sur Linxea détaille la grille de chaque contrat. Voir la grille tarifaire des contrats Linxea, lien partenaire.
Cherchez son nom ou son numéro sur le site de l'ORIAS : un intermédiaire absent du registre n'a pas le droit d'exercer. L'immatriculation est une condition d'exercice, pas un label de qualité. La fiche publique d'un intermédiaire affiche son numéro ORIAS, son état d'inscription, chaque catégorie avec sa date d'inscription (COA pour un courtier), l'autorité de contrôle (l'ACPR pour l'assurance) et une mention indiquant s'il est autorisé à encaisser des fonds.
Trois vérifications, dans cet ordre :
Le nom d'un cabinet ne dit rien de sa légitimité. Sur les 3 484 entités de la liste noire au 5 octobre 2026, 868 portent dans leur dénomination au moins un mot du métier, soit 24,9 % :
| Mot dans la dénomination | Entités |
|---|---|
| invest | 268 |
| capital | 221 |
| gestion | 164 |
| finance | 118 |
| patrimoine | 89 |
| conseil | 59 |
| courtage ou courtier | 2 |
| Au moins un de ces mots | 868, soit 24,9 % |
Une même entité peut porter plusieurs mots, d'où un total inférieur à la somme des lignes. Le vocabulaire de l'investissement et de la gestion de patrimoine domine, celui du courtage est quasi absent.
Oui, à une condition : le contrat doit rester chez le même assureur, et c'est lui qui décide. La loi Pacte ne permet pas de quitter un assureur en gardant son ancienneté fiscale, mais le distributeur peut changer, à condition d'être partenaire de l'assureur du contrat (MoneyVox). L'ancienneté fiscale est alors conservée : selon le BOFiP, le nouveau contrat est réputé souscrit à la date du premier versement sur l'ancien.
L'assureur n'a aucune obligation légale d'accepter. Les membres de France Assureurs se sont engagés, dans leur recueil déontologique, à accepter toute demande quand le contrat d'accueil est commercialisé par le même distributeur et jugé approprié, et à motiver tout refus. Avec un changement de distributeur, la demande est examinée au cas par cas, mais le changement d'intermédiaire ne doit pas être un critère de refus. Selon France Assureurs, cité par MoneyVox, 421 000 contrats ont été transformés en 2021, pour 15,1 milliards d'euros.
Selon MoneyVox (page mise à jour le 5 janvier 2026), aucun délai n'est fixé par la loi ni par les engagements : quelques jours chez le même distributeur, plusieurs mois en cas de changement. Le détail des conditions, des coûts et des limites est dans notre page sur le transfert d'une assurance-vie et la loi Pacte.
Le courtier doit vous conseiller en fonction de votre situation, et il ne peut pas vous promettre un rendement sur des unités de compte. En assurance, tout distributeur est tenu à un devoir de conseil : recueillir votre situation, vos objectifs et votre profil de risque, expliquer le produit, puis formaliser le conseil par écrit (Banque de France, rapport 2025). Pour les unités de compte, les montants investis ne sont pas garantis : le document d'informations clés de Yomoni Vie, par exemple, le dit en toutes lettres.
Le recueil déontologique de France Assureurs interdit aux conseillers en assurance de personnes des assureurs membres, et à leurs représentants, de faire abandonner un contrat en cours quand il est plus favorable de le garder, de conseiller un transfert sans analyse préalable de ses conséquences, de faire résilier un contrat avant l'acceptation du nouvel assureur, et de présenter comme acquis ce qui ne l'est pas, comme une participation aux bénéfices.
Quatre questions suffisent à jauger un courtier, et un refus de répondre est déjà une réponse.
Chiffrenet perçoit une commission de certains acteurs analysés, dont Linxea, cité plus haut : si vous ouvrez un contrat après avoir suivi un lien partenaire, l'établissement nous verse une commission sans frais supplémentaires pour vous. Nous publions les grilles telles qu'elles sont, avec leur date, y compris pour les contrats moins chers que ceux de nos partenaires. Le détail figure sur les pages partenaires et méthodologie. Nous ne donnons aucun conseil en investissement.
Les courtiers partenaires d'un assureur gèrent leurs dossiers dans un espace professionnel réservé ; celui d'AXA, ses conditions d'accès et les pièges des fausses pages de connexion sont décrits sur la page de l'extranet AXA courtage.
Couvert : le statut du courtier, sa rémunération telle qu'elle apparaît dans une annexe tarifaire, la vérification au registre et à la liste noire, le changement de distributeur à contrat constant.
Non couvert : le taux de rétrocession sur le fonds en euros (n.c.), la rémunération d'un courtier d'un autre assureur que Spirica (n.c.), une comparaison chiffrée entre réseaux bancaires et courtiers (les moyennes de la Banque de France portent sur l'ensemble des circuits de distribution), et la rémunération des courtiers en crédit ou en assurance non vie. Aucun intermédiaire n'est recommandé nommément en dehors des pages qui publient sa grille.
En général non : sa rémunération est prélevée sur les frais du contrat. Certains distributeurs, notamment les conseillers en investissements financiers, facturent en revanche des honoraires directs, qui ne sont pas prélevés sur le support d'investissement (Banque de France, rapport 2025). Si un cabinet vous demande des honoraires, exigez l'écrit qui en fixe le montant avant tout engagement.
Les frais qui le rémunèrent doivent figurer dans la documentation du contrat. La Banque de France précise qu'ils doivent être détaillés dans le document d'informations clés, les conditions générales ou les annexes financières. L'annexe de Linxea Spirit 2 chiffre la rétrocession par catégorie de fonds, de 0,10 % pour les fonds monétaires à 0,73 % pour les fonds actions.
Sur le site de l'ORIAS, avec le champ « Trouver un intermédiaire ». La fiche affiche le numéro d'immatriculation, la catégorie (COA pour un courtier d'assurance) et la date d'inscription. Yomoni, par exemple, indique dans son document d'informations clés être enregistré à l'ORIAS sous le numéro 15003517 en qualité de courtier en assurance, en plus de son agrément de société de gestion de portefeuille par l'AMF. Notre avis sur Yomoni chiffre ses frais.
Seulement si sa fiche ORIAS l'y autorise. La fiche porte une mention « Encaissement de fonds autorisé » ou « non autorisé » avec un renvoi au code des assurances. Un virement vers un compte au nom d'un cabinet dont la fiche indique « non autorisé » doit vous arrêter.
Non pour les unités de compte, dont le capital n'est pas garanti. Le document d'informations clés d'un contrat comme Yomoni Vie précise que le client peut perdre tout ou partie de son capital sur ces supports. Le recueil déontologique de France Assureurs interdit de présenter comme acquise une participation aux bénéfices qui ne l'est pas.
Quelques jours chez le même distributeur, plusieurs mois si le distributeur change. Aucun délai légal n'existe, selon MoneyVox (5 janvier 2026). Le courtier d'accueil doit être partenaire de l'assureur du contrat, et l'assureur doit motiver tout refus, selon l'engagement de France Assureurs.
Le courtier vit des frais du contrat ; certains conseillers en investissements financiers facturent des honoraires directs. Ces honoraires ne sont pas prélevés sur le support d'investissement (Banque de France, rapport 2025). Un cabinet peut cumuler les deux statuts, chacun sur une ligne distincte de sa fiche ORIAS.
Il n'existe pas de classement valable sans critère : comparez les frais annuels du contrat, pas les frais d'entrée. Un courtier ne vaut que par les contrats qu'il référence. Nos relevés de grilles sont dans le comparatif d'assurance-vie, contrat par contrat.
L'AMF renvoie vers ABE Infoservice, le service de la Banque de France, pour les produits bancaires et d'assurance. Avant tout versement, vérifiez le registre de l'ORIAS et la liste noire de l'AMF, qui précise elle-même ne pas être exhaustive.