Assurance-vie

Quand vous clôturez une assurance-vie, l'État ne taxe que les gains, jamais le capital que vous avez versé. Sur un contrat de plus de huit ans, une personne seule qui réalise 30 000 € de gains en conserve 22 935 € après impôt et prélèvements sociaux. Le même gain sur un contrat de moins de huit ans en laisse 21 000 €.
Cette page chiffre le net d'un rachat total selon l'âge du contrat, la date des versements et le foyer, puis ce que vaut l'étalement de la sortie. Pour la formule d'un retrait partiel, voyez notre page sur le calcul d'un rachat partiel.
Dans un rachat total, la base imposable est la différence entre ce que l'assureur vous rembourse et le total des primes que vous avez versées. Le Bulletin officiel des finances publiques, au paragraphe 40 du BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, l'écrit presque mot pour mot : l'impôt est assis sur l'écart entre les sommes remboursées au bénéficiaire et les primes versées.
Il n'y a pas de proportion à calculer, contrairement au retrait partiel. Vous sortez tout, le gain est la valeur de rachat moins vos versements, et c'est tout.
Trois précisions qui évitent les mauvaises surprises :
Un simulateur fiscalité assurance vie est un outil qui applique les taux d'impôt et de prélèvements sociaux aux gains d'un contrat, à partir de quelques données que vous saisissez : l'âge du contrat, le total des primes, la valeur de rachat et la composition du foyer. Le résultat est un montant net, parfois accompagné du détail entre impôt et prélèvements sociaux.
Tout outil de ce genre, qu'il vienne d'une banque, d'un assureur ou d'un cabinet, repose sur les mêmes quelques règles : la date des versements, le seuil de 150 000 €, l'abattement annuel et le taux de 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce qui varie d'un outil à l'autre, ce sont les hypothèses cachées. Avant de croire un résultat, vérifiez trois choses : le simulateur applique-t-il bien 17,2 % et non 18,6 % ? Distingue-t-il les primes d'avant et d'après le 27 septembre 2017 ? Dit-il comment il traite un contrat qui dépasse 150 000 € ? Les tableaux qui suivent vous donnent de quoi contrôler la réponse de n'importe quel simulateur sur les cas courants.
Les calculs ci-dessous supposent un contrat dont les primes ont été versées après le 27 septembre 2017 et restent sous 150 000 €, et des gains en unités de compte qui supportent encore les prélèvements sociaux à la sortie. Vous lirez dans la dernière section pourquoi cette hypothèse est la plus prudente.
Contrat de plus de huit ans. Impôt à 7,5 % après abattement, prélèvements sociaux à 17,2 %.
| Gains réalisés | Foyer | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total prélevé | Part des gains prélevée | Reste net |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 10 000 € | personne seule | 405 € | 1 720 € | 2 125 € | 21,25 % | 7 875 € |
| 10 000 € | couple | 60 € | 1 720 € | 1 780 € | 17,80 % | 8 220 € |
| 30 000 € | personne seule | 1 905 € | 5 160 € | 7 065 € | 23,55 % | 22 935 € |
| 30 000 € | couple | 1 560 € | 5 160 € | 6 720 € | 22,40 % | 23 280 € |
| 60 000 € | personne seule | 4 155 € | 10 320 € | 14 475 € | 24,13 % | 45 525 € |
| 60 000 € | couple | 3 810 € | 10 320 € | 14 130 € | 23,55 % | 45 870 € |
Contrat de moins de huit ans. Impôt à 12,8 %, sans abattement, prélèvements sociaux à 17,2 %, soit 30 % de prélèvement global.
| Gains réalisés | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total prélevé | Reste net |
|---|---|---|---|---|
| 10 000 € | 1 280 € | 1 720 € | 3 000 € | 7 000 € |
| 30 000 € | 3 840 € | 5 160 € | 9 000 € | 21 000 € |
| 60 000 € | 7 680 € | 10 320 € | 18 000 € | 42 000 € |
Ce que montrent ces tableaux, et que personne ne dit en une phrase. L'avantage du contrat de huit ans pèse surtout sur les petits gains : l'abattement est un montant fixe, il compte beaucoup sur 10 000 € de gains et peu sur 60 000 €. Sur 10 000 € de gains, attendre le huitième anniversaire fait passer le prélèvement de 3 000 € à 2 125 €, soit 875 € d'écart. Sur 60 000 €, l'écart est de 3 525 €, mais il vient surtout du différentiel de taux, 12,8 % contre 7,5 %, et l'abattement n'en explique plus que 345 € (7,5 % de 4 600 €).
Ces tableaux tiennent dans une feuille de calcul : trois cellules, gains, foyer et âge du contrat, suffisent à refaire chaque ligne avec les taux officiels, ce qui donne un simulateur fiscalité assurance vie maison, sans fichier à télécharger. Le montant net lui-même ne dépend pas de ce que vous faites ensuite de l'argent. S'il sert à financer un achat important ou à alimenter un autre placement, comparer deux enveloppes devient l'étape suivante, et c'est ce que fait notre page sur le point de bascule entre PEA et assurance-vie.
C'est la date de chaque prime qui compte, pas la date d'ouverture du contrat. Un contrat ouvert en 2012 et alimenté en 2019 porte donc deux régimes à la fois. L'administration, sur impots.gouv.fr (page « Comment sont imposés les produits des contrats d'assurance-vie depuis le 1er janvier 2018 », consultée le 5 octobre 2026), distingue deux familles.
| Primes versées jusqu'au 26 septembre 2017 | Primes versées à partir du 27 septembre 2017 | |
|---|---|---|
| Voie au choix | barème progressif de l'impôt sur le revenu, ou prélèvement forfaitaire libératoire opéré par l'assureur | prélèvement forfaitaire, puis régularisation à la déclaration |
| Taux du prélèvement forfaitaire | 35 % sous 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % à partir de 8 ans | 12,8 % sous 8 ans, 7,5 % à partir de 8 ans |
| Abattement après 8 ans | 4 600 € ou 9 200 €, à déclarer en ligne 2DH | 4 600 € ou 9 200 € |
| Option pour le barème | choix entre barème et prélèvement libératoire | case 2OP de la déclaration |
Pour un contrat ancien, le plus utile est de demander à votre assureur la ventilation de vos gains par date de prime : c'est elle qui détermine quelle colonne s'applique à chaque fraction du gain.
Les contrats souscrits avant le 1er janvier 1983, et ceux souscrits du 1er janvier 1983 au 25 septembre 1997, relèvent de règles différentes selon la date des primes, que cette page ne détaille pas. Si c'est votre cas, le tableau de cette page ne s'applique pas tel quel : la fiche service-public.gouv.fr F22414 et votre assureur sont les deux interlocuteurs à solliciter.
Après huit ans, le taux de 7,5 % ne vaut que pour une partie des gains si vos primes dépassent 150 000 €. Au-delà, la fraction de gains rattachée aux primes excédentaires est imposée à 12,8 %. L'impôt est donc un mélange des deux taux, que la déclaration calcule.
Deux points sont à retenir. Le premier est que le seuil se mesure tous contrats confondus, d'après la fiche F22414 de service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026, et qu'il n'est pas apprécié contrat par contrat : ouvrir un deuxième contrat ne le remet pas à zéro. Le second est que les deux textes officiels que nous avons lus ne le formulent pas de la même façon : service-public.gouv.fr parle des primes qui ne dépassent pas 150 000 €, impots.gouv.fr parle de l'encours. Le mode de calcul exact, notamment la prise en compte des primes déjà remboursées par des rachats antérieurs, n'est pas tranché par ces deux sources. Nous le marquons n.c. et nous ne chiffrons pas de cas au-dessus du seuil. Un simulateur fiscalité assurance vie qui annonce un résultat précis au-delà de 150 000 € applique donc une hypothèse qu'il doit vous dire.
Au moment du rachat, l'assureur retient un prélèvement forfaitaire non libératoire, de 12,8 % sous huit ans et de 7,5 % à partir de huit ans. Il l'applique sans tenir compte de l'abattement, qui n'intervient qu'à votre déclaration de revenus de l'année suivante. Le prélèvement est donc un acompte, et le trop-perçu éventuel vous revient.
Sur 10 000 € de gains, un couple à huit ans a ainsi 750 € retenus à la source, alors que son impôt réel est de 60 €. L'écart est restitué après la déclaration. C'est la raison pour laquelle le montant qui arrive sur le compte est presque toujours inférieur au net du tableau, pour quelques mois seulement.
Pour la déclaration, l'assureur envoie un imprimé fiscal unique, qui alimente la déclaration préremplie. Les montants préremplis peuvent être corrigés ou complétés, c'est à vous de le faire s'ils sont inexacts. L'option pour le barème progressif se coche à la case 2OP et vaut pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas pour le seul contrat concerné. Elle ne se justifie que si votre taux marginal est inférieur au taux forfaitaire : la vérification se fait sur votre propre déclaration, avec vos chiffres.
Une dispense de l'acompte existe pour les foyers dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € pour une personne seule et à 50 000 € pour un couple, sur demande auprès de l'assureur. Elle ne change pas l'impôt final, seulement le moment où il est payé. Les conditions de date de la demande figurent dans notre page sur le calcul du rachat partiel.
Le licenciement, la mise à la retraite anticipée, l'invalidité de deuxième ou troisième catégorie et la liquidation judiciaire dispensent d'impôt sur le revenu, à une condition de date : le rachat ou le dénouement doit intervenir avant la fin de l'année qui suit celle de l'événement. Un licenciement en mai 2026 ouvre donc la possibilité de racheter jusqu'au 31 décembre 2027.
Cette dispense porte sur l'impôt sur le revenu. Les sources lues ne l'étendent pas aux prélèvements sociaux, qui restent à prévoir, et nous ne l'écrivons pas autrement.
L'abattement de 4 600 € ou de 9 200 € est annuel : impots.gouv.fr le qualifie ainsi, et les textes que nous avons lus ne prévoient aucun report sur l'année suivante, il faut donc compter qu'une part non utilisée est perdue. C'est le seul levier fiscal d'un rachat, et il se déclenche par le calendrier, pas par le contrat.
Comparons, sur le même contrat, 30 000 € de gains imposables pour une personne seule :
| Stratégie | Calcul de l'impôt sur le revenu à 7,5 % | Impôt | Prélèvements sociaux à 17,2 % | Total |
|---|---|---|---|---|
| Tout en une année | 7,5 % de (30 000 moins 4 600) | 1 905 € | 5 160 € | 7 065 € |
| Trois années, 10 000 € de gains imposables chacune | 3 fois 7,5 % de (10 000 moins 4 600) | 1 215 € | 5 160 € | 6 375 € |
L'étalement économise 690 € d'impôt sur le revenu, soit 2,3 % des gains, et ne change rien aux prélèvements sociaux. L'hypothèse est simplificatrice : elle suppose que chaque retrait réalise exactement 10 000 € de gains imposables, alors que le retrait partiel en ramène une fraction qui dépend du contrat, comme l'explique la page sur la formule. Le gain réel de l'étalement dépend aussi de ce que l'argent rapporte pendant ce temps, et de ce que coûte de laisser un capital dans un contrat qui ne vous convient plus.
Ne gardez pas un contrat uniquement pour fractionner. Si les frais annuels sont élevés, 690 € d'économie sur trois ans peuvent être absorbés par un point de frais de trop. Pour mesurer l'effet des frais sur la durée, notre calculateur d'intérêts composés retire les frais du contrat du résultat.
Si la sortie sert à passer chez un autre assureur, elle passe forcément par un rachat : la loi Pacte ne permet de changer de contrat sans perdre l'antériorité que chez le même assureur, comme l'établit notre page sur le transfert d'une assurance-vie. Pour comparer ce que facture un contrat en ligne, notre rubrique assurance-vie publie les grilles relevées.
Voir la grille tarifaire des contrats Linxea, lien partenaire
Sources lues et consultées le 5 octobre 2026. Le Bulletin officiel des finances publiques, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 (version du 30 juin 2022), paragraphes 30, 40 et 70, pour la base imposable d'un rachat total, la perte et l'assujettissement aux prélèvements sociaux, qui commente l'article 125-0 A du code général des impôts. La fiche service-public.gouv.fr F22414, vérifiée le 15 avril 2026, pour les deux taux d'impôt, les abattements, le seuil des primes, la dispense d'acompte et les cas d'exonération. La fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026, pour les prélèvements sociaux de 17,2 % sur l'assurance-vie et de 18,6 % sur les autres placements. La page de l'administration fiscale sur l'imposition des contrats d'assurance-vie depuis le 1er janvier 2018, pour les deux régimes selon la date des primes, l'option 2OP et l'abattement annuel.
Les calculs sont exécutés, pas recopiés. Chaque ligne de tableau applique les taux publiés à des gains que nous choisissons, et aucun ne décrit un contrat réel.
Limites de cette page. Aucun texte du Journal officiel n'a été ouvert, aucun assureur n'a été questionné sur sa pratique, les régimes antérieurs à 1997 ne sont pas détaillés, et le mode de calcul du seuil de 150 000 € reste n.c.
Une hypothèse qui pèse sur le net. Les tableaux comptent les 17,2 % sur la totalité des gains, comme si rien n'avait été prélevé avant la sortie. Pour la part en fonds en euros, une partie de ces prélèvements a pu être acquittée au fil des années : les textes lus ne permettent pas de le chiffrer, et c'est votre relevé annuel qui indique ce qui a déjà été retenu.
Cette page ne remplace pas un conseil. Elle ne connaît ni votre contrat ni votre foyer fiscal : pour un patrimoine important, un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine, et pour l'impôt, votre service des impôts.
Le gain, c'est-à-dire la valeur de rachat moins les primes versées, supporte 17,2 % de prélèvements sociaux et un impôt sur le revenu de 12,8 % avant huit ans ou de 7,5 % après huit ans pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017 et sous 150 000 €. Après huit ans, un abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s'applique avant l'impôt.
22 935 € pour une personne seule sur un contrat de plus de huit ans, 23 280 € pour un couple, et 21 000 € sur un contrat de moins de huit ans. Ces montants supposent des primes versées après le 27 septembre 2017 et inférieures à 150 000 €.
Non. Seul le gain est imposable. Le BOFiP écrit que l'impôt est assis sur la différence entre les sommes remboursées et les primes versées, ce qui exclut le capital.
17,2 %. La fiche service-public.gouv.fr F2329, vérifiée le 30 juin 2026, donne une CSG de 9,2 % pour l'assurance-vie, contre 10,6 % pour les autres placements, qui sont à 18,6 %.
Vous ne payez ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux sur ce rachat. Le BOFiP précise que la base d'imposition est nulle quand les primes dépassent les sommes remboursées. Le sort de la perte elle-même n'est pas tranché par le texte que nous avons lu.
Il est annuel, comme l'écrit impots.gouv.fr, et nous n'avons lu aucune règle de report : mieux vaut considérer qu'une part non utilisée est perdue. Il porte sur l'ensemble des produits de vos contrats de plus de huit ans, d'où l'intérêt de fractionner une sortie importante sur plusieurs années.
Seulement si votre taux marginal est inférieur au taux forfaitaire. L'option se coche à la case 2OP, vaut pour l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année et ne se décide qu'avec vos chiffres sur la déclaration.
Parce qu'il retient à la source un prélèvement de 12,8 % ou de 7,5 % sans tenir compte de l'abattement. Le trop-perçu est restitué après votre déclaration de revenus.
Nous n'en avons trouvé aucun sur les sites de l'administration. Les simulateurs disponibles sont proposés par des banques, des assureurs et des cabinets, et chacun repose sur ses hypothèses. Les tableaux de cette page permettent de vérifier leurs résultats avec les taux officiels.
Sur un contrat de plus de huit ans, jusqu'à 4 600 € de gains par an pour une personne seule et 9 200 € pour un couple, tous contrats confondus, sans impôt sur le revenu. Le montant retiré peut être bien plus élevé, puisqu'une partie du retrait est du capital : la formule est sur notre page du calcul d'un rachat partiel. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains, abattement ou non.
Quand il intervient avant la fin de l'année qui suit un licenciement, une mise à la retraite anticipée, une invalidité de deuxième ou troisième catégorie ou une liquidation judiciaire.