PEA et ETF

L'or physique ne rentre pas dans un PEA. Ce plan n'accepte que des actions et des fonds qui en détiennent au moins 75 %, ce qu'un ETF adossé à des lingots ne remplit pas.
Un ETF de matières premières, lui, est éligible. L'iShares Diversified Commodity Swap (CMSE), qui affiche « Régime fiscal PEA : Oui » sur sa fiche, contient 11,46 % d'or, soit à peine plus que le pétrole Brent (10,88 %).
Pour 5 000 € d'exposition à l'or, il faut investir environ 43 630 € dans ce fonds. Le reste du capital suit le pétrole, le gaz, le cuivre et les cultures.
Un ETF or éligible au PEA est un fonds coté qui suivrait le cours de l'or tout en respectant le quota d'actions exigé par le plan : cette combinaison n'existe pas pour l'or physique. Ce qui existe, ce sont des fonds éligibles au PEA qui touchent à l'or par un détour, avec une part d'or bien plus faible que le nom ne le laisse croire.
Deux fonds éligibles au PEA se rapprochent du sujet, pour des raisons opposées. Le premier, l'iShares Diversified Commodity Swap (CMSE), contient de l'or parmi vingt matières premières. Le second, l'Amundi STOXX Europe 600 Basic Resources (code BRES), contient des actions de groupes miniers européens, mais aucune société aurifère dans ses dix premières lignes. Aucun des deux ne reproduit le cours du métal.
| Produit | Nature | Éligible au PEA | Or dans le fonds |
|---|---|---|---|
| Titre adossé à l'or physique (ETC) | lingots conservés pour le compte des porteurs | non | 100 % |
| iShares Diversified Commodity Swap (CMSE) | matières premières, réplication par swap | oui, selon BlackRock | 11,46 % |
| Amundi STOXX Europe 600 Basic Resources (BRES) | actions de mines et de métaux européens | oui, selon Amundi | n.c., aucune société aurifère parmi les dix premières lignes |
Parce que le PEA est réservé à des titres de capital de sociétés. Selon le BOFiP (BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20), les titres éligibles sont les actions, les certificats d'investissement et coopératifs, et les parts de sociétés à responsabilité limitée, émis par des sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen. Un lingot n'est pas un titre de société. Le produit coté qui le représente, un ETC, est un titre de créance et non une action : il ne figure pas sur cette liste.
Pour un fonds, la règle est celle du quota : un OPCVM est éligible s'il respecte le quota de 75 % de ses actifs en titres éligibles, et ce quota doit être respecté à tout moment, selon le BOFiP (§ 380 et § 400). L'or détenu par un fonds compte donc contre le seuil. Un ETF qui mettrait 100 % de son actif en lingots plafonnerait à 0 % de titres éligibles, loin des 75 % requis.
Par la réplication synthétique : le fonds ne détient pas les matières premières, il conclut un contrat d'échange (swap) qui lui verse la performance de l'indice. La fiche Amundi de BRES décrit le mécanisme : le fonds investit au moins 75 % de ses actifs dans des actions émises par des sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, et un contrat d'échange sur rendement total lui apporte la performance de l'indice.
La fiche BlackRock du CMSE indique de même une méthodologie « swap », un domicile en Allemagne, et le régime fiscal PEA « Oui ». Le fonds vise la performance du Bloomberg Commodity Euro Total Return Index, soit vingt matières premières, avec une limite de 33 % par secteur. Il a été lancé le 7 août 2007, capitalise ses gains, et son encours atteint 356,58 M€ selon la fiche de septembre 2026. L'éligibilité tient donc à la structure du fonds, pas à son pays de domicile : le CMSE est allemand, et BRES a un code ISIN luxembourgeois.
Le CMSE contient 11,46 % d'or, première position du fonds, devant le pétrole Brent (10,88 %), selon la fiche BlackRock de septembre 2026. Ses dix premières lignes pèsent 66,65 % de l'actif :
| Position | Poids |
|---|---|
| Or (Gold 100 oz, échéance décembre 2026) | 11,46 % |
| Pétrole Brent (janvier 2027) | 10,88 % |
| Pétrole WTI (novembre 2026) | 8,81 % |
| Gaz naturel (novembre 2026) | 6,13 % |
| Cuivre (décembre 2026) | 5,90 % |
| Gazole (novembre 2026) | 5,61 % |
| Soja (novembre 2026) | 5,32 % |
| Maïs (décembre 2026) | 5,08 % |
| Fioul domestique (novembre 2026) | 4,11 % |
| Aluminium (novembre 2026) | 3,35 % |
Les cinq lignes d'énergie de ce tableau (Brent, WTI, gaz naturel, gazole, fioul) pèsent à elles seules 35,54 %, soit plus de trois fois l'or. Le calcul de l'exposition réelle est simple : 1 000 € investis donnent 114,60 € d'exposition à l'or. Pour 5 000 € d'exposition, il faut 5 000 ÷ 0,1146, soit environ 43 630 €, dont au moins 15 500 € suivraient les cours de l'énergie. Les positions changent à chaque reconduction des contrats, la fiche précisant qu'elles « sont susceptibles d'évoluer ».
Non. L'Amundi STOXX Europe 600 Basic Resources réplique un indice d'actions européennes de l'industrie des ressources de base, dont aucune des dix premières lignes n'est une société aurifère. La fiche Amundi du 31 juillet 2026 classe en tête Rio Tinto (27,63 %), Anglo American (14,88 %) et Glencore (14,73 %), puis ArcelorMittal (8,02 %), Antofagasta (5,18 %), UPM-Kymmene (3,83 %), Boliden (3,78 %), Norsk Hydro (3,17 %), KGHM (3,03 %) et SKF (2,43 %). Ensemble, ces dix lignes pèsent 86,69 %.
Le fonds est éligible au PEA, répliqué par swap, avec des frais courants de 0,30 % par an. C'est un pari sur les métaux industriels et les matériaux, pas sur le cours de l'or : ce fonds n'a pas vocation à le suivre.
L'avantage est fiscal. Selon service-public.gouv.fr, après cinq ans de détention, les gains d'un PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus, et un retrait partiel ne clôt pas le plan. Avant cinq ans, le gain net depuis l'ouverture est imposé à 12,8 % ou au barème, et le retrait clôt le plan, sauf exceptions comme le licenciement, l'invalidité ou la retraite. Le détail des taux figure dans la page sur la fiscalité du PEA.
Les risques sont ceux du fonds. La fiche BlackRock rappelle que les cours des matières premières fluctuent généralement plus que ceux des actions, que les produits dérivés peuvent amplifier les gains et les pertes, et que l'insolvabilité de la contrepartie du swap peut exposer le fonds à des pertes financières. Ce fonds est cité comme exemple de ce que l'éligibilité permet, non comme une recommandation.
Pour une exposition directe à l'or, il faut sortir du PEA : lingots et pièces, détaillés dans les pages sur l'once d'or et la pièce Marianne en or, ou titres adossés à l'or détenus sur un compte-titres, dont la page PEA ou compte-titres décrit le fonctionnement. Pour qui reste sur des actions, la page sur le meilleur ETF pour un PEA traite du choix d'un fonds d'actions.
Elle couvre les règles qui rendent un ETF éligible au PEA ou non, la part d'or du CMSE et ses dix premières lignes, les frais de deux fonds éligibles, et la différence entre une exposition à l'or et une exposition aux mines.
Elle ne recense pas d'ETF de sociétés aurifères éligible au PEA, faute de fiche d'émetteur qui l'atteste, ni le cours de l'or, ni les performances passées, ni la disponibilité du CMSE chez chaque courtier : l'éligibilité se confirme sur la fiche de l'émetteur et chez le courtier avant tout achat. Elle ne donne aucun conseil d'investissement.
La part d'or, les dix premières lignes, les frais de 0,46 %, l'encours, le domicile et le régime fiscal PEA du CMSE viennent de la fiche mensuelle BlackRock de septembre 2026 (positions au 30 septembre 2026, autres données au 6 octobre 2026). Les frais de 0,30 %, la mention d'éligibilité, la réplication synthétique et la composition de BRES viennent de la fiche mensuelle Amundi au 31 juillet 2026.
Les règles d'éligibilité viennent du BOFiP (BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20, rédaction du 16 mai 2024) et la fiscalité du PEA de service-public.gouv.fr, fiche « Plan d'épargne en actions (PEA) », consultée le 17 octobre 2026.
Non. C'est un ETF sur vingt matières premières dont l'or ne pèse que 11,46 %. Le pétrole et le gaz pèsent ensemble bien plus.
Sur Euronext Paris, Euronext Amsterdam et Xetra, selon la fiche BlackRock. Son code ISIN est DE000A0H0728 et sa devise l'euro.
0,46 % par an pour le CMSE, 0,30 % pour BRES. Le CMSE capitalise ses gains : il ne verse pas de dividende.
Non, elle varie avec les cours et les reconductions de contrats. La fiche de l'émetteur précise que les positions peuvent évoluer, et l'indice limite chaque secteur à 33 %.
Seulement si la société a son siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen, selon le BOFiP. L'éligibilité se juge titre par titre, sur le siège de l'émetteur ; une société cotée en Europe mais dont le siège est hors de l'Union européenne et de l'Espace économique européen n'est pas éligible.
Oui. Le CMSE est domicilié en Allemagne, et le code ISIN de BRES est luxembourgeois. Ce qui compte est le quota de 75 % de titres éligibles.
Le plan est en principe clôturé et le gain imposé à 12,8 % ou au barème. Un retrait pour licenciement, invalidité de 2e ou 3e catégorie ou départ en retraite fait exception.
Le risque de contrepartie : si l'établissement qui fournit le swap devient insolvable, le fonds peut subir des pertes. La fiche BlackRock le signale, avec le risque propre aux matières premières, plus volatiles que les actions.